Loire-Atlantique : une interpro détonante !

mercredi 4 mars 2020  |  par  École Émancipée  | 

Malgré les difficultés, la lutte contre le projet du gouvernement sur les retraites se construit dans un cadre unitaire et interprofessionnel CGT-FO-FSU-Solidaires. Cela contribue sans doute à la vivacité du mouvement dans le 44 où la FSU prend toute sa place.

Une part importante de l’ADN de la FSU 44 est l’interprofessionnel. Depuis de nombreuses années, un travail régulier avec CGT, FO et Solidaires est effectué et malgré les divergences, de nombreuses initiatives et mobilisations se font dans ce cadre unitaire.
Ce choix départemental fait suite au constat collectif et fédéral que pour battre les politiques néolibérales et de régressions sociales, il faut dépasser le champ corporatiste, même si ce dernier reste légitime sur certaines actions.
Les journées d’action sont préparées en intersyndicale. Les débats y sont engagés avec toujours la volonté de l’accord commun final, d’un communiqué de presse départemental. Ce constat n’est pas propre à Nantes, mais bien départemental, car on retrouve ce fonctionnement à Ancenis, Châteaubriant et St-Nazaire. Cela fait qu’il n’y a pas de centralisme préfectoral et chaque secteur local a toute latitude à organiser ses propres mobilisations.

Ancenis : un secteur moteur pour l’interpro départementale

Le 17/12, après la manifestation, une AG interpro s’est tenue à Ancenis. Les grévistes ont fait le point sur la mobilisation dans leur secteur pour comprendre ce qui pouvait l’affaiblir : fort taux d’intérimaires, pressions, stress chez les lycéen-nes dû à la réforme du bac, retrait d’1/30e… L’échange entre salarié-es du public et du privé a permis de mieux se comprendre et de réfléchir à de nouvelles modalités d’action. Des rassemblements ont ainsi été organisés de 11h à 15h pour augmenter le nombre de manifestant-es en permettant aux employé-es en 2x8 d’être présent-es. Afin de favoriser la rencontre avec les parents d’élèves/citoyen-nes, des salarié-es favorables aux actions uniquement sur le temps de travail ont accepté de tracter le samedi en ville avec des enseignant-es, évitant un retrait de salaire. Ces dernier-es iront en janvier tracter dans les entreprises à la demande des salarié-es. Une nouvelle AG interpro s’est tenue le 9/01.
Sur proposition de l’intersyndicale départementale et des cheminot-es, un rassemblement à la gare de Nantes a lieu le 26/12, suivi d’un banquet des luttes. Cela a permis de poursuivre la mobilisation, d’échanger et d’apporter un soutien aux cheminot-es.
Mais ne versons pas dans l’angélisme, il arrive que les échanges soient difficiles et la FSU se retrouve écartée ou peu présente lors d’initiatives type blocages : autoroutes, aéroports… Seuls les contacts « par la bande » permettent de s’y associer et d’y participer.

Et à l’Éduc ?

Dans l’éducation, les choses sont plus difficiles : entre les organisations qui ne portent que la reconduction et celles, dont les syndicats de la FSU, qui ne veulent pas opposer les modalités de lutte, les incompréhensions voire les tensions sont réelles. D’autre part, si les AG d’établissements, de services et à l’université permettent aux collègues d’échanger, de débattre et de se projeter, les enseignant-es des écoles ont plus de mal à le faire. Seule l’AG de secteur le permet dans des conditions pas toujours favorables au débat et aux propositions d’action, parfois teintées d’un certain centralisme.
Même si les collègues sortaient d’une grève reconductible en mars 2019 et avaient déjà subi des retraits de salaire, ils et elles se sont mobilisé-es sur la question des retraites et les « temps forts » de manifestations ont été marqués par des taux de grévistes très majoritaires et des cortèges Éduc importants. Si les AG n’ont pas eu autant de participant-es qu’en mars, plusieurs centaines de collègues s’y sont retrouvé-es. Malgré tout, la reconduction de la grève, sans être énorme, n’a jamais été ridicule. La disponibilité à la grève perdure à l’EN en Loire-Atlantique.

Jusqu’au retrait du projet

La trêve de Noël n’a pas eu lieu. L’ÉÉ 44 a encouragé la tenue d’un CDFD exceptionnel le 18/12 pour faire le point sur l’état des luttes, les suites à donner, la place de la FSU… Ce CDFD a mandaté la FSU pour proposer des actions pendant les vacances. De son côté, la CGT avait annoncé rapidement qu’elle organiserait des mobilisations pendant cette période : tractages et rassemblements dans le département, près de mille manifestant-es cumulé-es le 28/12 à Nantes et le 2/01 à Donges. ●

B. VALIN, R. JACQUIER, M. HAYE, V. CHARBONNIER


Navigation

Recherche par thème

118/342
40/342
51/342
342/342
81/342
64/342
23/342
26/342
104/342
20/342
64/342
245/342
218/342