Véronique Ponvert : Réussir les mobilisations et construire les suites

mercredi 15 septembre 2021  |  par  École Émancipée  | 

De nombreuses mobilisations sont annoncées dans les semaines qui viennent, et c’est tant mieux ! Nous souhaitions une rentrée sociale, tout est réuni pour qu’elle le soit, des dates de mobilisation, sectorielle ou plus globale, sont dans le paysage...
Aujourd’hui, il faut mettre toutes nos forces dans la réussite de ces initiatives, et je parlerai en particulier des grèves du 23 septembre et du 5 octobre.

Réussir le 23 septembre, c’est évidemment essentiel : je ne vais pas faire la liste des raisons de faire grève dans l’éducation et à l’université, elles sont très nombreuses. Juste insister sur un point : le 23 septembre, les personnels pourront dire leur colère face aux mois passés à tenir l’école à bout de bras, en dépit de l’impréparation et des mensonges répétés du ministre ; ils et elles diront aussi leur rejet des politiques éducatives régressives, les réformes du Bac, les menaces sur l’éducation prioritaire, sur les directions d’école ; les personnels dénonceront dans la rue le mépris dont Blanquer fait preuve à l’égard des familles populaires (je parle de ses propos sur les écrans plats), et le mépris de Macron à Marseille, reçu comme une insulte pour toute la profession : profession qui subit des conditions de travail dégradées et à qui on répond par des solutions managériales !
Les collègues le savent, la question de l’école vaut mieux que ça, cette question est centrale pour l’avenir de notre jeunesse, elle doit s’imposer au cœur des débats.
Par la grève, par les manifestations, nous donnerons une visibilité à l’école : et nous pourrons imposer sur nos bases, nos valeurs, la question de l’école dans le projet de société.

Même chose pour le 5 octobre et la grève interpro. Sur le plan économique, nous savons que le plan de relance a essentiellement profité aux grandes entreprises et que les inégalités et la pauvreté sont en augmentation. Les questions de l’emploi et des salaires sont donc centrales. D’autant plus que le 1er octobre entrera en vigueur la réforme de l’assurance chômage, et qu’elle va réduire les droits de milliers de demandeuses et demandeurs d’emploi. Les questions des salaires, de l’emploi, du chômage, ces questions sont vives dans le privé comme dans le public : dans le public, en effet, les bas salaires sont très nombreux, la précarité est bien présente, les contractuel-les sont concerné-es par la réforme de l’assurance chômage...
Et puis il y a la réforme des retraites. Ce gouvernement joue le chaud et le froid sur le sujet, mais on a bien compris le message : la question n’est pas de savoir s’il fera une réforme, mais quand il la fera. Le mouvement social sera donc décisif pour empêcher cette réforme de voir le jour.

Il faut donc réussir cette rentrée sociale pour construire une opposition au gouvernement : et mobiliser pour la grève, dans la fédération, nous savons faire. Il faut tenir des réunions syndicales sur tous les lieux de travail, et chercher aussi à porter l’info dans les endroits où il n’y a pas de militant-es syndicaux. Il faut appeler les collègues à la grève le 23, mais aussi aux manifs et aux AG. Profiter de cette journée pour faire du commun, permettre le débat, laisser place aux revendications. Les AG sont essentielles car elles vont nous permettre de montrer l’articulation entre les mobilisations, d’en montrer la cohérence, et d’appeler les collègues à la grève le 5 octobre. Le texte action doit donc appeler à tenir des AG et appeler à les investir.

On le sait bien, les journées de grève annoncées ne suffiront pas à elles seules à inverser le cours des choses : il faut s’inscrire dans un temps long, donner des perspectives d’action ultérieures pour ancrer durablement la conflictualité avec le pouvoir. Les intersyndicales doivent se réunir très vite pour proposer des suites. Y compris, et je dirais même surtout en période préélectorale, le mouvement social peut et doit s’inviter dans les débats politiques. Les organisations syndicales peuvent interpeller les candidats et candidates aux élections présidentielles sur leur programme, mais elles doivent surtout faire entendre leurs propositions pour imposer des alternatives, et ça, elles le feront dans la rue.

On l’a dit déjà en juin dernier : il faut faire en sorte que les questions qui enferment le débat public aujourd’hui, la question sécuritaire et xénophobe portée par la droite et l’extrême droite, mais aussi la question sanitaire qui prend souvent le pas sur le reste, il faut faire en sorte que ces questions s’estompent au profit de la question sociale. Nous devons construire un mouvement social fort pour mettre la question sociale au centre, c’est le meilleur moyen pour combattre les idées d’extrême droite et les politiques libérales qui en font le lit. Et ce mouvement social à construire, ça commence le 23 septembre et le 5 octobre ! Et c’est à nous de tout faire pour que ça continue !


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