Débat action
Présentation du texte Ecole Emancipée

Agnès Akielewiez (Bureau National, Toulouse)
jeudi 21 janvier 2021  |  par  ÉÉ-SNES  | 

Avant de présenter notre texte, nous voulions dire que nous avons été surpris.es et déçu.es hier de n’avoir en début d’après-midi qu’un texte d’une seule page dans lequel ne figuraient que des constats (que nous partageons dans l’ensemble) mais aucune perspective d’actions. Dans ces conditions, en réunion de tendance, nous n’avons pas pu effectuer un travail d’amendement du texte action que nous n’avons reçu que ce matin.

Dans notre texte, nous nous sommes attaché.es à décrire le contexte général social, politique et éducatif puis proposer des pistes pour agir et mettre en mouvement nos collègues.

Le contexte, c’est de l’incertitude, une épidémie bien installée et des perspectives d’amélioration de la situation sanitaire sans cesse reculées. Même si le vaccin est un point positif, la campagne de vaccination prendra des mois et pendant ce temps la crise sociale s’aggrave sans que le gouvernement ne modifie ses plans, sans même qu’il n’esquisse une réflexion pour répondre aux défis sanitaire, écologique, économique et social qui sont devant nous.

Alors que le 12 mars 2020, Macron vantait les principes de solidarité et la nécessité d’avoir des services publics forts, c’est une politique en sens inverse qu’il s’emploie à dérouler avec son gouvernement : argent public déversé sans contreparties sur les entreprises, poursuite des réformes, casse des services publics, assèchement des comptes sociaux…

Ils développent aussi tout un arsenal législatif réduisant toujours plus les libertés publiques ainsi que des outils de répression et de surveillance pour mieux museler les contestations.

Dans l’Éducation, chacune des paroles publiques de Blanquer peut se lire comme un négatif photo : « il n’y a pas de contamination dans les écoles », « nous sommes prêts », « nous améliorons le pouvoir d’achat des enseignant-es », « aucun élève n’est laissé au bord du chemin », « avec notre réforme, les effectifs en lycée seront 25 élèves par classe »... la liste est longue. Les collègues ne supportent même plus de l’écouter et, nous le redisons, le discrédit de Blanquer peut aussi servir de catalyseur pour mobiliser. Dernier discrédit en date : il refuse des masques de meilleures qualité pour les profs et se présente à l’assemblée avec un masque FFP2.

Pendant qu’il égrène ses contre-vérités dans les médias, le ministre déroule sa feuille de route et poursuit ses réformes : FDE, EP, nouvelle évaluation des EPLE, réforme du lycée et du bac, autant d’attaques qui défont l’école, dégrade les conditions de travail des personnels et les conditions d’étude des élèves.

Alors comment réagir ?

Nous pensons qu’il faut prendre le contre-pied du gouvernement et opposer à son obstination dans une politique désastreuse et néfaste pour le futur, une vision, des propositions alternatives qui donnent du souffle pour se mobiliser : analyser, dénoncer est nécessaire mais cela ne suffit pas et surtout il faut éviter de s’enfermer dans une critique trop centrée sur les aspects sanitaires qui servent de paravent à la politique de long terme menée par l’exécutif.

Il faut arriver à inscrire les revendications des différents secteurs dans un contre-projet global qui soit identifiable : réordonner les priorités pour que la sortie de crise s’accompagne d’un renforcement de ce qui fait cohésion, des biens communs, des services publics, des droits et des libertés et bien sûr défendre une nouvelle répartition des richesses.

Nous ne devons pas avoir peur d’être ambitieux et ambitieuses et si dans l’éducation nos revendications partent du vécu des collègues, cela n’exclut pas de leur donner de la force en les inscrivant dans un projet de transformation de la société, car celle qu’on nous construit ne peut qu’aggraver le quotidien du plus grand nombre.

C’est pourquoi la journée du 26 est à penser comme un élément qui s’articule avec les autres mobilisations du moment (le 19 avec les Aed, le 21 avec la santé, le 28 avec l’énergie et la grève interpro du 4 février) et les mobilisations de plus long termes pour la défense des droits et libertés : combat contre la Loi de Sécurité Globale, contre la loi sur le « séparatisme » récemment rebaptisée, sans oublier les droits des femmes qui sont particulièrement touchées par la crise.

Les attaques sont multiformes mais cohérentes, soyons sur tous les fronts !
Dans cet objectif, il faut déjà se projeter au delà du 4/2 en vue de construire sans tarder une mobilisation autour des services publics et en s’investissant de façon forte dans le 8 mars.


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