Partage des richesses : la question des salaires doit redevenir centrale - Émilie Moreau

vendredi 26 novembre 2021  |  par  École Émancipée  | 

Depuis le début du quinquennat, les choix de ce gouvernement suivent une même logique :

  • les mesures sociales et fiscales au bénéfice des plus riches comme en témoignent la suppression de l’ISF ou l’extension de la baisse de la taxe d’habitation,
  • le contrôle et le serrage de ceinture pour les autres, avec la baisse des APL ou encore la réforme de l’assurance chômage.

Toutes ces mesures mises bout à bout creusent continuellement les écarts entre les riches, de plus en plus riches, et les pauvres, de plus en plus pauvres. C’est ce que montre la récente évaluation de l’Institut des politiques publiques sur les impacts redistributif du budget sur les ménages.

Les choix politiques du Président des riches influent aussi sur un autre élément de la dégradation de la situation : la répartition des richesses entre le capital et le travail. Alors que la croissance est repartie et que les entreprises font de nouveau des profits, ces derniers ne sont pas équitablement répartis : des dividendes versés prioritairement et généreusement aux actionnaires, les salarié-es et les agent·es de la Fonction publique, eux, passent leur tour.

Le contexte économique nécessite au contraire une augmentation générale des salaires pour toutes et tous. La hausse des prix, en particulier pour les énergies, que ce soit pour se chauffer ou se déplacer va peser lourd sur les faibles salaires et les ménages exclus volontairement des aides redistributives, socialement et économiquement justes.

Les agent·es de la Fonction publique ne sont pas mieux traité·es du fait du quasi gel du point d’indice depuis plus de 10 ans : débuts de carrière aux salaires bas, agent·es mal payé·es et subissant des temps incomplets comme les AESH.

Et ce n’est pas l’indemnité inflation, récemment décidée qui va inverser la tendance. Cette mesure sparadrap, bien en deçà du niveau de la perte de pouvoir d’achat, ne suffira pas à boucler les fins de mois et encore moins à étouffer la colère qui monte. Car c’est bien de cela dont il s’agit : il serait mal vu à la veille des présidentielles, d’affronter une nouvelle fronde populaire.

Aujourd’hui la question des salaires doit redevenir centrale, reposer sur un meilleur partage des richesses et garantir un revenu du travail décent à tous·tes les salarié·es. Cela nécessite d’engager des négociations dans toutes les branches et dans la Fonction publique pour la revalorisation de tous les salaires. En bonus, cela aurait un impact positif pour la Sécu, les caisses de retraites et pour les entreprises qui bénéficieraient de la hausse de la consommation.

Les revendications salariales revêtent un enjeu fort pour le SNUipp et la FSU qui doivent les mettre en avant. Cela passe par la construction d’une campagne sur la répartition des richesses, des revendications unifiantes sur le niveau du SMIC, l’augmentation générale des salaires et la poursuite de la dénonciation de la précarité. Ce n’est qu’à ces conditions que nous pourrons construire une société, plus juste et plus égalitaire.


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