Débat DL/international
Le SNES-FSU doit se prononcer pour le report du référendum en Nouvelle Calédonie

Françoise Le Poan (CAN, La Réunion)
mercredi 24 novembre 2021  |  par  ÉÉ-SNES  | 

Si nous partageons vos inquiétudes sur la situation potentiellement explosive, nous pensons qu’on ne peut se contenter de mentionner la demande de report du référendum par le FLNKS sans l’expliquer et en tirer toutes les conséquences. Cette demande n’est pas motivée par des considérations politiciennes mais par la situation sanitaire très dégradée dans l’archipel.

Longtemps territoire covid free, il est à son tour confronté à une vague épidémique dramatique qui a fortement impacté la campagne référendaire tandis que le Sénat coutumier a décrété un deuil traditionnel d’un an à compter du 6 septembre. Il faut rappeler que la communauté kanak est particulièrement touchée par la covid car elle est très dispersée sur le territoire alors que les caldoches sont surtout rassemblés dans la zone du grand Nouméa. De plus, ce sont les aînés qui ont été les premiers touchés. Étant donné leur place prépondérante dans la société kanak, ces décès l’ont profondément déstabilisée. Dans ce contexte, le scrutin ne peut se tenir sereinement ce qui a amené les Kanaks à en demander le report, puis, face au refus du gouvernement, à appeler à la non participation au scrutin.

Ce troisième référendum, dernier d’un long processus de décolonisation entamé il y a plus de 30 ans par les accords de Nouméa, est donc décisif. Le choix du gouvernement de maintenir envers et contre tout ce scrutin au 12 décembre peut s’expliquer par de multiples raisons allant de la demande des loyalistes qui craignent qu’un report ne leur soit défavorable, à l’importance accrue de l’espace indo-pacifique à l’international comme l’a montré la récente cris des sous-marins australiens.

La faible participation et le résultat de ce scrutin décisif, boycotté par les principaux intéressés, ne font donc aucun doute. Sa légitimité sera entachée aux yeux de la communauté internationale et risque d’entrainer une radicalisation les forces en présence et un nouveau cycle de violences dans l’archipel.

Dans ce contexte particulièrement troublé, le SNES ne peut donc qu’appeler clairement au report, d’autant plus que la FSU a pris position en ce sens et est co-signataire d’une lettre aux élus pour la défendre.


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