Le SNES-FSU doit employer le langage inclusif dans ses textes et sa communication !

Par Mina El Azzouzi (Créteil)
mercredi 26 mai 2021  |  par  ÉÉ-SNES  | 

Pour certaines personnes, la féminisation des textes n’est qu’une question secondaire des luttes féministes. C’est faux ! L’écriture inclusive nous oblige à faire apparaître et exister les femmes comme agentes à part entière dans la société, à décrire le réel que nous souhaitons dans un contexte social où les luttes féministes demeurent encore un enjeu majeur, à penser, concevoir la mixité. Là est toute la dimension performative du langage !

Quand nous parlons de féminiser les textes, en fait notre démarche vise à mettre fin à l’usage d’une langue volontairement masculinisée par des grammairiens virilistes au XVIIe siècle.
Pour d’autres, l’écriture inclusive est inesthétique, pose des problèmes de lisibilité.

Tout d’abord, l’écriture inclusive ne se limite pas à l’emploi du point médian, c’est bien plus large que cela, c’est aussi :

  • employer des termes épicènes
  • des termes génériques
  • des noms féminisés d’agentes et de métiers (et réhabiliter une part du lexique condamnée il y a 300 ans).
  • faire de nouveaux choix de syntaxe et de grammaire comme employer des doublets inclusifs, l’accord de proximité...

Les personnes réfractaires à l’emploi de l’écriture inclusive le sont aussi par habitude. L’écriture sexiste est ce à quoi nous sommes habitué·e·s. Et il faut changer cela ! La langue peut et doit évoluer à l’instar de la place des femmes dans la société. Il ne faut pas croire que le français s’est toujours écrit comme aujourd’hui, de la même manière. Une langue n’est pas un objet figé et stable, l’usage fait la langue.
Quant à la lisibilité, si la première lecture d’un texte inclusif peut être laborieuse, l’habitude se prend facilement : c’est ce que montre l’étude de Gygax et Gesto à partir d’un panel d’étudiant·e·s [1]. Et je peux dire même qu’après cette acclimatation, l’écriture sexiste heurte.

S’il est vrai que la question demeure pour les très jeunes dyslexiques, les études et données sont insuffisantes. Mais de toute façon lesquel·le·s de nos élèves lisent - ou gagneraient à lire l’US magazine écrit en caractère 10 interligne 1,15 ? Par contre les 58% de femmes dans le 2nd degré oui !

La plupart des syndicats l’ont déjà adoptée. Même l’UNSA [2] a publié un guide pour l’emploi de l’inclusif à destination de ses adhérent·e·s ! Et nous, en tant que syndicat de transformation sociale, qu’attendons-nous ?

1 : Pascal Gygax et Noelia Gesto, Féminisation et lourdeur de texte : Une réponse à l’Académie française, Presses de l’Université de Fribourg, 2007 : “Nous avons fait lire à 40 étudiantes et étudiants cinq descriptions de différentes professions. Pour chacune de ces professions, quatre descriptions différentes ont été rédigées  : une version avec la profession au masculin, une avec la profession au féminin et deux versions avec la profession sous formes épicènes. La vitesse de lecture des descriptions de professions sous une forme épicène ou féminine, même si celle-ci était plus lente à la première occurrence du nom de métier, retrouvait son rythme normal, ceci dès la deuxième occurrence, indiquant un effet d’habituation.”
2 : https://www.unsa-education.com/Ecriture-inclusive-un-point-c-est-tout


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