La peur que le féminin l’emporte

lundi 12 avril 2021  |  par  École Émancipée  | 

C’est aussi aux contre-feux réactionnaires qu’on mesure combien les combats pour les droits des femmes irriguent, voire rythment désormais l’agenda des décisions politiques.
Le début de cette année 2021 s’illustre par une vague de réactions de la droite française conservatrice qui se retranche aujourd’hui derrière son profil le plus réactionnaire, bien qu’elle a loué Simone Veil à son décès.

L’allongement du délai de l’IVG à 14 semaines de grossesse était pourtant en passe de s’ancrer dans le quotidien des femmes, suite au vote positif en première lecture à l’Assemblée nationale en octobre. C’était sans compter le rejet du projet de loi au Sénat et les 423 amendements déposés à l’Assemblée par les députés LR, lors de l’examen en 2e lecture le 16 février 2021, qui ont entraîné son retrait, eu égard à cette obstruction massive du débat.
Le gouvernement ayant affirmé qu’il ne s’opposerait pas à l’allongement de douze à quatorze semaines, ni à la suppression de la clause de conscience (malgré l’avis du Comité consultatif national d’éthique qui s’est positionné pour l’allongement et contre la suppression), les agissements du groupe LR n’avaient pour objectif que d’empêcher matériellement cette avancée.
Le 17 février 2021, la commission mixte paritaire n’a pas élaboré de texte de compromis sur l’ouverture de la PMA pour toutes et l’autoconservation des gamètes en dehors de tout motif médical. Le 4 février, le Sénat avait enterré ces deux propositions.
C’est dans cette même temporalité que la « marche pour la vie » a eu lieu, affichant comme toujours une prétendue défense de la vie, quand on sait combien la libéralisation de l’IVG a permis de réduire le nombre de décès dus aux avortements clandestins.
Toujours les mêmes rengaines qui doivent nous interpeller (« dérèglement bioéthique », « un avortement ça fait mal ») et nous rappeler combien aucun combat pour les droits et la sécurité des femmes n’est définitif.
Et le prix du jury de la réaction pourrait être attribué à François Jolivet (LREM), qui, considérant que l’écriture inclusive est un « choix personnel et militant », a transmis une proposition de loi le 17 février pour l’interdire dans les documents administratifs et pour les organismes et personnes chargé-es d’une mission de service public. Il argue qu’elle « complexifie (inutilement – sic ! –) l’apprentissage de la langue ».
Il apparaît aujourd’hui évident, à un an des prochaines présidentielles, que les réactionnaires conservateurs ont commencé leur campagne d’opinion.
Pour nous toutes, nous tous, la riposte doit s’engager sur le terrain des mobilisations au-delà des dates symboliques du 8 mars et du 25 novembre prochain. ●

Ingrid Darroman


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