Dossier : À l’épreuve de l’urgence écologique

lundi 23 novembre 2020  |  par  École Émancipée  | 

La crise sanitaire débouche sur une crise économique et sociale de grande ampleur, les licenciements se multiplient, le chômage et la précarité s’amplifient. La parole à Benoît Teste (FSU), Marie Buisson (CGT) et Simon Duteil (Solidaires).

ÉÉ :
Comment des organisations syndicales peuvent elles, dans cette période, tenir les deux bouts de l’urgence sociale et de la bifurcation écologique ? Le risque n’est-il pas que l’urgence sociale et la défense de l’emploi effacent dans les prochains mois les urgences écologiques ?

Benoît Teste :
Le danger existe, en effet, de revenir à « l’environnement, ça commence à bien faire ! » de Nicolas Sarkozy en 2010. Mais depuis, la crise environnementale a fait son chemin, les périls deviennent hélas plus concrets et, avec eux, l’idée même qu’on ne peut pas se passer de la transition écologique ni même la reculer.
« L’écologie on verra plus tard » apparaît de plus en plus comme une incongruité car sans rupture avec la manière dont notre monde fonctionne, il n’y aura pas de plus tard !
Mais, si la violence de l’épidémie a permis une prise de conscience sur la vulnérabilité de l’humanité, on connaît aussi les habiletés du capitalisme à retourner les situations et à tirer parti des crises pour durcir ses principes et augmenter ses profits.
D’une certaine manière, l’opposition entre emploi et environnement, qui peut exister dans certaines situations, est très pratique et en tout cas instrumentalisée pour en masquer une autre, bien plus prégnante dans notre monde : d’un côté l’emploi qu’on préserve pour avoir une production locale en faisant évoluer et en améliorant la qualification des salarié-es, en investissant dans l’outil de production de manière à ce que la production soit de qualité et propre, et de l’autre la loi du profit, qui se fiche éperdument de ne pas polluer ou de ne pas accaparer les ressources.
Or, que favorise-t-on sinon la loi du profit quand on ne prévoit aucune contrepartie au plan de relance ? Notre tâche est de continuer à rendre cela visible en l’illustrant le plus concrètement possible. De la part du gouvernement, aucune volonté de « pause » dans la nécessaire transition écologique n’a été théorisée mais elle est présente en filigrane, par exemple dans le rétropédalage sur certaines mesures préconisées par la convention citoyenne pour le climat ou encore par les mesures en faveur des néonicotinoïdes.
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