Céline Sierra : Macron et Blanquer terminent la construction de l’Ecole libérale

mercredi 15 septembre 2021  |  par  École Émancipée  | 

Macron et Blanquer profitent de chaque occasion pour faire avancer leur projet libéral. A chaque manquement de l’État, ils répondent par des mesures qui n’ont pour objectif que d’accélérer la déréglementation du service public d’éducation. Les annonces faites à Marseille sont inacceptables pour les élèves comme pour les personnels qui tiennent à bout de bras l’École de la République sans moyens, endurant mépris et mensonges ministériels. Rappelons-nous comme l’Éducation nationale a été altérée : loi de transformation de la Fonction publique, réforme du Bac, Parcoursup, multiplication des outils d’évaluation et de prescription, formation caporalisée, gestion de la difficulté scolaire et de l’EPS externalisée, tentative d’externalisation de la santé scolaire, augmentation continue du recrutement de contractuel·les, création et renforcement des hiérarchies entre les personnels. Avec l’exemple marseillais, Macron et Blanquer tentent d’imposer par l’expérimentation ce qu’ils n’ont pas pu imposer par la loi. Comme avec les CLA, il s’agit bien de déréguler en mettant en concurrence les structures et les personnels. L’école néolibérale construit une école ségréguée au service de l’employabilité d’un côté et de la reproduction, de l’exacerbation des inégalités sociales de l’autre.
Alors que la crise sanitaire a fait augmenter les inégalités scolaires, Blanquer s’en prend aux familles populaires faisant peser sur elles les difficultés scolaires de leurs enfants niant les responsabilités de sa politique éducative. Blanquer ment. Non, tout n’était pas prêt lors du premier confinement. Le ministère n’a pas déployé les moyens permettant d’enseigner dans de bonnes conditions de la maternelle à l’université. À l’heure où le traitement des conséquences pédagogiques de la crise sanitaire aurait dû être la priorité, Blanquer poursuit son démantèlement de l’école, sous fond d’un déficit d’investissement chronique. Au manque d’enseignant·es à tous les niveaux, sa seule réponse est de recruter toujours plus de contractuel·les. Enseigner ne serait plus un métier qui s’apprend mais un métier pour lequel des guides et un ensemble de prescriptions suffiraient. Partout les candidat·es sur liste complémentaire essaient de faire entendre leur voix pour être recruté·es. Rejoignons-les pour que ce soit le cas afin de baisser le nombre de jours sans enseignement pour les élèves. Il faut traiter les conséquences pédagogiques de la crise ; exigeons des compensations pour les élèves et pour les personnels.
La grève du 23 septembre est une étape, elle doit réclamer la démission de Blanquer tant il a échoué à améliorer les conditions de travail des personnels et à lutter contre les inégalités scolaires et le poids des déterminismes sociaux. Ce mot d’ordre de démission, qui au vu de l’impopularité du ministre parmi les personnels de l’éducation peut avoir une vertu mobilisatrice, sera aussi un coup de semonce dans une campagne présidentielle où le bilan de Blanquer sera travesti pour redorer le blason du président candidat. Elle doit liée à la journée interprofessionnelle du 5 octobre pour les emplois, les salaires, les retraites, ainsi qu’un service public de qualité et renforcé, et à celle pour la défense des AESH pour refuser la précarité dans l’Éducation nationale.


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