G20 : Leur crise, nos solutions

mercredi 28 septembre 2011  |  par  Webmestre  | 

L’heure n’est plus à la simple régulation financière.
Face à un ordre néolibéral en voie d’effondrement, des mesures radicales, permettant de promouvoir une Europe solidaire et un nouvel ordre économique mondial, sont aujourd’hui les seules réponses pertinentes devant l’échec du G20 et de l’Union européenne.

Taxer la spéculation : une solution au service du développement

La taxe sur les transactions financières n’est pas seulement un financement innovant.
C’est un instrument pour lutter contre la spéculation financière, désarmer les marchés et financer le développement et la transition sociale et écologique de nos sociétés.

Les politiques de libéralisation de la finance ont permis une accélération et un accroissement des flux financiers internationaux à des niveaux déconnectés des évolutions de l’économie réelle en termes d’échanges commerciaux.
Les conséquences graves et prégnantes de la crise de 2008 nous rappellent chaque jour qu’il est nécessaire de désarmer les marchés financiers, notamment par l’instauration d’une taxe sur les transactions financières (TTF).

Le niveau de la taxe (0,1 %) est un enjeu certain pour qu’elle ait un effet dissuasif sur les spéculations.
Mais elle ne réduira le volume des transactions financières socialement inutiles qu’à condition qu’elle ne soit pas compensée par des avantages, notamment fiscaux, envers les acteurs économiques et financiers.
Outre son rôle de régulateur, la TTF générera des revenus. Répartis selon les besoins et priorités, ces derniers doivent alimenter, via les budgets nationaux ou régionaux, la lutte contre les inégalités sociales et environnementales et le financement des biens publics mondiaux.

Tels sont les enjeux à décrypter derrière les discours des politiques qui s’annoncent pro-TTF pour aussitôt la rendre facultative, pour lui fixer un taux ridiculement bas (0,005 %), ou conditionner sa mise en œuvre à l’accord de l’ensemble des places boursières.
Si Nicolas Sarkozy s’affiche en grand défenseur d’une TTF au sein du G20, il a beaucoup tardé à la proposer au niveau européen alors que c’est à ce niveau qu’elle est le plus susceptible de faire consensus, pour avancer ensuite vers une mise en œuvre mondiale.
Il faut en outre veiller à ce que la TTF ne devienne pas qu’ un simple financement innovant destiné à secourir les banques en cas de nouvelle crise.

Austérité pour les peuples, renflouage des banques ? NON !

Grèce, Portugal, Irlande… à qui le tour ? Sur la route de l’austérité, l’itinéraire des pays est sans fin. De l’Argentine en 2001 aux Indignés, nos inspirations sont multiples !

L’éloquence de Nicolas Sarkozy et d’autres dignitaires politiques à se présenter comme soucieux de l’intérêt général serait risible si les conséquences de leurs politiques n’étaient pas aussi dramatiques en termes de protection sociale, santé, éducation, financement des retraites.
Car la crise de 2008 a pris un nouveau visage, celui d’une crise des dettes souveraines. Le renflouement des banques selon le principe de « privatisation des profits, socialisation des pertes » et la récession ont fait passer le déficit de la zone euro de 0,7 % du PIB en 2007 à 6,3 % en 2009.
Jusqu’alors excédentaires, l’Espagne et l’Irlande, aujourd’hui saignées par le poids de la dette, sont devenues déficitaires. 27 % du PIB mondial auraient en tout été injectés dans le sauvetage d’un système structurellement défectueux.
Aujourd’hui, la facture est présentée aux peuples.

En signant le « Pacte pour l’Euro », les chefs d’État ou de gouvernement se sont clairement présentés comme les promoteurs d’une UE au service de la finance.
Ils y octroient à la Troïka [6] le droit d’enfreindre la souveraineté des États en imposant aux « mauvais élèves » des mesures dignes des plans d’ajustement structurel prescrits hier aux pays du Sud.
Après la Grèce, aujourd’hui ouvertement mise sous tutelle, d’autres pays seront contraints à renoncer même aux apparences de la démocratie. Les dirigeants de chaque pays brandissent le spectre d’une possible dégradation de leur note par les agences de notation – quasi incontestées et pourtant si contestables – pour légitimer leur plan d’austérité et faire de leur fameuse « règle d’or » un principe supérieur au droit des peuples à se diriger eux-mêmes.

Les Indignés réaffirment ce droit en réclamant ici et maintenant une démocratie réelle.
Tous, contribuables excédés de payer pour les erreurs des banques, ne pouvons n’être qu’indignés. Nous devons lutter, occuper l’espace public, exiger un changement radical de cap.


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[1] Portail du gouvernement : http://www.gouvernement.fr/gouverne…

[2] Droit de chaque pays ou groupe de pays voisins de définir sa propre politique agricole et alimentaire.

[3] Juridictions opaques qui échappent à tout contrôle des autorités fiscales, judiciaires ou prudentielles et par lesquelles transitent la moitié des transactions financières et commerciales internationales.

[4] Forum économique mondial à Davos en janvier 2011

[5] Brésil, Russie, Inde et Chine.

[6] Représentants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI chargés de surveiller les finances publiques grecques dans le cadre de l’accord de refinancement négocié en mai 2010.


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Lignes d'Attac : Les peuples en lutte face au (...)
Lignes d'Attac : Les peuples en lutte face au (...)

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