G20 : Leur crise, nos solutions

mercredi 28 septembre 2011  |  par  Webmestre  | 

L’heure n’est plus à la simple régulation financière.
Face à un ordre néolibéral en voie d’effondrement, des mesures radicales, permettant de promouvoir une Europe solidaire et un nouvel ordre économique mondial, sont aujourd’hui les seules réponses pertinentes devant l’échec du G20 et de l’Union européenne.

Face à cette nouvelle étape de la crise et pour éviter un effondrement économique, trois mesures de rupture devraient être mises en place immédiatement en France et en Europe :

  • Le contrôle social des banques, dont certaines devront prochainement être recapitalisées par les pouvoirs publics ;
  • Un moratoire sur les intérêts de la dette conduisant à l’annulation des dettes illégitimes, causées par les cadeaux fiscaux aux entreprises et aux classes dominantes ;
  • Une taxe sur les transactions financières de 0,1 % pour enrayer la spéculation et dégager rapidement des marges de manœuvre financières.

Au-delà de ces mesures de rupture, nous proposons un ensemble de solutions pour inverser radicalement le cours des événements et construire un nouvel ordre économique basé sur la justice sociale et environnementale.

Ils sont vingt, nous sommes des milliards

Exigeons que les décisions qui concernent l’avenir du monde soient prises au sein de la seule enceinte internationale légitime aujourd’hui, les Nations unies.
Une autre autorité mondiale, démocratique et légitimée par les peuples, est possible.

Qu’il ait douze membres supplémentaires, représentant non plus 15 % mais les deux tiers de la population, ne rend pas le G20 plus démocratique que le G8.
De même que l’augmentation des droits de vote des pays émergents au FMI et à la Banque mondiale, l’élargissement du G8 au G20 consiste surtout à désamorcer les critiques, et entérine le caractère incontournable des grands pays émergents dans toute discussion relative aux questions économiques, financières et monétaires sur le plan mondial. Loin de démocratiser les débats, il perpétue au contraire un système injuste dans lequel la richesse conditionne le droit à décider pour soi… et pour les autres.

Détentrices de capitaux, les économies émergentes cooptées au G20 jouent plus volontiers qu’hier le jeu de la coopération et du dialogue avec les gouvernements occidentaux, pour accroître leur influence et leurs marges de manœuvre.
Quant aux autres pays, s’ils veulent porter leur voix devant le G20, ils doivent s’y faire inviter. Non seulement 173 pays sont exclus des débats, mais les sociétés civiles et les collectivités territoriales, qui ont pourtant gagné en reconnaissance au sein des institutions des Nations unies, n’ont pas non plus voix au chapitre.
Alors que les populations sont tenues à l’écart de ces sommets sur-sécurisés, les grands perdants sont les plus pauvres dont les droits et les intérêts ne sont pas pris en compte.

Les questions abordées par le G20, hier strictement économiques et financières, mais aujourd’hui plus larges, relatives à l’emploi, à l’agriculture ou au développement, concernent la population mondiale et devraient être traitées au seul G qui vaille, le G193, soit l’Organisation des Nations unies, dont le fonctionnement doit lui-même être profondément modifié (notamment en supprimant ou en restreignant le droit de veto des membres permanents du Conseil de sécurité).

Déconstruisons le mythe néolibéral du marché et de la croissance

La présidence française s’engage à « moraliser le capitalisme au niveau mondial et mettre la finance au service de la croissance [1] ». Le G20 s’acharne donc à la survie d’un système de production et de consommation énergivore qui épuise la planète et creuse les inégalités.

La convergence des crises économique, financière, sociale et environnementale expose de manière flagrante l’échec et les impacts dramatiques des politiques néolibérales imposées aux peuples.
Mais les dirigeants des vingt premières économies mondiales demeurent aveuglés par les mythes du marché et de la croissance. En guise de moralisation du capitalisme, le G20 envisage uniquement des mesures de toilettage, qui visent – en vain – à sécuriser la poursuite du processus de libéralisation, de marchandisation, et de financiarisation de l’économie, de la société et de la nature.

Malgré la progression des idées hétérodoxes, et l’alliance croissante de leurs représentants avec les sociétés civiles, les partisans du « TINA – There is no alternative – » de Madame Thatcher dominent toujours les élites politiques, économiques et intellectuelles qui dirigent les grandes institutions dans lesquelles le G20 puise son expertise technique - FMI, Banque mondiale, OCDE, OMC, etc.
Le paradigme économique de l’efficience des marchés a guidé les mesures annoncées par le G20, supposées atténuer les conséquences de la crise et engager la reprise de la croissance sur le plan mondial.

Pendant ce temps, le chômage et la précarité explosent, les services publics se dégradent, les ressources naturelles sont surexploitées, les crédits alloués aux politiques publiques de protection de l’environnement et des écosystèmes sont laminés…
C’est dire qu’il y a urgence à définir des nouvelles voies de développement fondées sur le respect des droits humains et de l’environnement. Les alternatives existent !


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[1] Portail du gouvernement : http://www.gouvernement.fr/gouverne…

[2] Droit de chaque pays ou groupe de pays voisins de définir sa propre politique agricole et alimentaire.

[3] Juridictions opaques qui échappent à tout contrôle des autorités fiscales, judiciaires ou prudentielles et par lesquelles transitent la moitié des transactions financières et commerciales internationales.

[4] Forum économique mondial à Davos en janvier 2011

[5] Brésil, Russie, Inde et Chine.

[6] Représentants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI chargés de surveiller les finances publiques grecques dans le cadre de l’accord de refinancement négocié en mai 2010.


Documents joints

Lignes d'Attac : Les peuples en lutte face au (...)
Lignes d'Attac : Les peuples en lutte face au (...)

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