Le recrutement des enseignants par concours menacé

dimanche 3 juillet 2011  | 

Transmis à la presse, le rapport provisoire issu de la mission parlementaire Grosperrin sur « la formation initiale et le recrutement des enseignants » constitue une véritable provocation concernant la formation des enseignants et leurs statuts. Le SNESUP s’exprime contre ce texte :

Le rapport ne propose rien de moins que la suppression du recrutement par concours, qui serait remplacé « d’ici 10 à 15 ans » par un recrutement de titulaires d’un master au niveau académique ou des établissements, confirmant ainsi une forme d’extension de la loi LRU à l’enseignement scolaire.

Ce rapport propose de fixer les épreuves d’admissibilité - à dimension académique - en fin de licence et les épreuves d’admission - professionnelles - en fin de Master, entretenant ainsi une fracture entre formation académique et formation professionnelle.

La proposition d’un « numerus clausus » en M1, fonction du nombre de postes au concours, irait dans le le sens de l’instauration de la séilection en Master, que le SNESUP refuse. Ce ne sont pas les hypothétiques dispositifs d’aide sociale aux étudiants dont on ne sait ni le montant, ni qui ils concerneraient qui pourraient se substituer à de réels pré-recrutements.

Dès maintenant, plutôt que de proposer des professeurs expérimentés dans les zones d’éducation prioritaire, un contrat serait proposé aux nouveaux enseignanIts pour les inciter à y exercer.

Les propositions concernant le contenu de la formation insistent sur des « éléments de pédagogie » déconnectés du contexte disciplinaire et s’étend sur les problématiques transversales, au détriment des savoirs disciplinaires et didactiques.

Il s’agirait aussi de transférer la responsabilité de la formation professionnelle des universités aux acteurs sur le terrain. De plus, serait créé une haute autorité chargée de prescrire et d’évaluer sur le modèle de la médecine, mettant en péril les libertés pédagogiques des enseignants.

Le rapport préconise aussi la suppression de l’Agrégation externe ; l’intervention des agrégés serait limité au Bac-3, Bac+3 contribuant ainsi, dans le prolongement de la vision ministérielle de la licence, à fragiliser le lien enseignement-recherche dès la licence.

Quant aux IUFM, vivement décriés sans qu’il y ait eu de bilan analytique et contradictoire comme le réclame le SNESUP, les éléments du rapport ne leur voient un rôle éventuel que dans le cadre de pôles universitaires de proximité (PUP).

Après la pulvérisation de la formation des enseignants en 2009, ces propositions - loin d’apporter des remèdes - en aggraveraient encore les effets désastreux. C’est l’avenir des jeunes qui est en cause.


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