Actualité. Sans vergogne...

Isabelle Sargeni-Chetaud, Laurent Zappi.
lundi 30 mai 2011  |  par  ÉÉ Revue  | 

Secousses. En ce début d’année 2011, le monde connait des secousses irréversibles. Rien ne parait plus devoir être comme avant…
Secousses telluriques au Japon dont les images terrifiantes vont imprégner la mémoire humaine et dont les conséquences sont dramatiques. On ne joue pas avec le nucléaire !
Secousses politiques de l’autre côté de la Méditerranée. On ne joue pas avec la dignité ! Les dictatures finissent par être rattrapées quand les peuples se soulèvent. De la sauvegarde, de l’approfondissement de ces processus révolutionnaires, dépend pour une part notre avenir à tous.
Secousses monétaires dans le vieux continent en proie à la résurgence d’une funeste peste brune. En comparaison, les secousses gestuelles du petit autocrate qui nous gouverne paraissent dérisoires. Elles seraient pitoyables si elles n’étaient sans dangers…

Première conséquence de l’annonce du séisme au Japon : la baisse du Nikkei… Au fil des catastrophes accumulées, des ravages et destructions, des séismes et tsunamis, de l’attente angoissée du sort de quatre réacteurs nucléaires et des populations qui les entourent, c’est l’avenir de la bourse de Tokyo qui semble donner quelques soucis aux spéculateurs de tout poil. Monstrueux ! Les agences de notation ont malgré tout eu l’attention de maintenir le précieux AAA pour le Japon. Rassurant ? Mais jusqu’à quand ? Car c’est bien d’un accident nucléaire majeur dont il s’agit à la centrale de Fukushima, faisant éclater à la face d’AREVA et des dirigeants politiques du monde entier les risques fous du nucléaire. Risques pour les populations et la planète entière mais enrichissement d’une minorité cynique : la règle du jeu capitaliste se joue aussi là.

« Dégage ! »

Ce cri à l’encontre des dictateurs, des autocrates de toute espèce, les peuples de Tunisie, d’Egypte, du Yémen, de Bahreïn et maintenant de Lybie n’ont pas hésité à le lancer malgré la répression sanglante, faisant lever partout des germes d’espoir et de nouveaux élans. Espoir dans ces révolutions qui, en quelques semaines, sous la pression de la rue, ont bousculé les dictatures, en ce qu’elles peuvent effacer les années d’oppression.
Si cet espoir semble s’atténuer en Egypte, il reste bien vivace en Tunisie où, après avoir enregistré la chute du clan Ben Ali, la révolution s’attèle aux questions sociales qui impliquent de larges secteurs du mouvement syndical et à l’organisation de la société.
L’espoir est menacé en Libye où le caricatural et sanglant Kadhafi mène une contre-offensive meurtrière dans le but d’exterminer – le mot souligne l’intention – ses opposants. Ces « insurgés » ont un cruel besoin d’aide, plutôt que de rodomontades ou de projets d’interventions militaires non dénués d’arrière-pensées impérialistes.
Ces révoltes et révolutions sont une des manifestations de la crise qui continue à l’échelle mondiale, les questions sociales (comme la réaction à la hausse des prix alimentaires) étant fortement imbriquées à la question démocratique. Elles ont toutes besoin d’être soutenues et encouragées pour que les femmes, les jeunes, notamment, voient se concrétiser leurs aspirations démocratiques à un monde différent. Leur instrumentalisation par Nicolas Sarkozy pour faire oublier les ratés de sa politique et ses connivences passées (rappelons-nous la mascarade de la réception de Kadhafi à Paris), pour activer sa politique anti-immigrés, sa nouvelle tentative de stigmatisation des immigrés musulmans sous couvert de fausse laïcité, doit faire l’objet de vigoureuses contre-campagnes.

Indécence !

Indécent de réclamer un débat démocratique sur le nucléaire ? Indécent plutôt ce capitalisme qui poursuit impunément ses ravages !
En France, c’est le cynisme insupportable des laboratoires Servier proposant d’indemniser les victimes du Médiator à condition qu’elles renoncent à toute poursuite judiciaire. Ce sont les banques françaises, dont la fameuse Société Générale, qui osent afficher des bénéfices records, deux ans seulement après le plan qui les a secourues. Et puis… Puisque le prix des logements a tant augmenté à Paris, la prochaine réforme fiscale devrait voir enfin la suppression du célèbre bouclier. Ne rêvez pas, l’ISF sera seulement modifié pour que les vraiment riches n’y perdent pas. Et pour la « dépendance », place aux assurances !

Il y a quelque chose de pourri au royaume de Sarkozy…

Après le scandale Woerth, éclatant en plein conflit sur les retraites, les condamnations de Brice Hortefeux pour racisme, voilà que la MAM est prise la main dans le sac, en pleine révolution tunisienne, convaincue de mensonges et contrainte de quitter le gouvernement… Que l’on se rassure : le monsieur grand ami de la Libye – qui risque fort de moins l’afficher – reste à son poste ! Le règne de la collusion d’intérêts et du détournement de l’action publique aux bénéfices des privilégiés est devenu insupportable.
Les millions de manifestants contre la réforme des retraites, le mouvement social du premier trimestre l’avaient mis en évidence : ce gouvernement est illégitime. Il est même dangereux. Passant en force sur tous les sujets, dans tous les secteurs, appuyant le MEDEF de tout son poids institutionnel (voir les négociations Unédic en cours et le refus de prendre en compte les chômeurs en fin de droits), il exacerbe les tensions sociales dans le pays pour mieux poursuivre, dans le temps qui lui est compté, son œuvre destructrice des solidarités, des services publics. Quelques motifs cependant de satisfaction : la LOPPSI 2 vient d’être retoquée par le Conseil constitutionnel dans certaines de ses dispositions majeures comme les peines planchers pour les mineurs.


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N°28 ; Actu. Sans Vergogne...
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