Les EPSiliades du SNEP-FSU, quèsaco ?

Véronique Bonnet et Valérie Soumaille, EE-SNEP
dimanche 3 avril 2011  |  par  ÉÉ Revue  | 

Les EPSiliades se tenaient les 12, 13 et 14 novembre 2010 à Paris. Dans un contexte politique particulièrement agressif qui dégrade à tous les niveaux la qualité de l’enseignement et de la formation, il semblait nécessaire de débattre des enjeux, de donner un sens politique aux contre réformes, de réaffirmer la place et le rôle de l’EPS et du sport scolaire au moment où ils subissent des attaques : « cours le matin sport, l’après-midi », volet sportif de l’accompagnement éducatif, dégradations sur le sport scolaire, livret de compétence…

En septembre 2009, le SNEP mettait en place une commission chargée d’organiser un grand événement militant pour rassembler la profession. Et la boîte de communication engagée a mis en avant 3 postulats pour illustrer la campagne : « il est temps de repartir au combat », « il est temps d’en discuter », « il est temps de faire la fête ».
Les thématiques des tables rondes ont suscité de longs débats au sein de la commission où l’EE était représentée, et ont abouti à la déclinaison de 6 grands thèmes EPS/sport/sport scolaire/ media / école/ formation. Animés par des chercheurs, des philosophes, des sportifs, des journalistes, des politiques, des syndicalistes, les débats ont porté autour de questions comme l’égalité des sexes en EPS, une utopie ? Sport scolaire sans compétition ? La compétition dans le sport : solidarité ou exclusion ? Sports et handicaps, impossible n’est pas sportif… Sport culture à part entière. Faut-il un nouveau service public des sports ? L’école française aux normes européennes permet-elle la démocratisation ? Masterisation, formation EPS des profs d’école… Et bien d’autres encore.

Des débats riches…

Le choix pertinent d’intervenants d’horizons différents et apportant des éclairages singuliers a permis l’émergence de débats particulièrement riches. Des débats très politiques ont pu avoir lieu, sur la notion de socle commun, sur le lien entre les politiques européennes et les réformes nationales, sur la formation, sur le rapport entre les médias et l’école…
La conférence de J. Généreux sur la guerre idéologique qu’il nous faut mener pour sortir de la « dissociété » dans laquelle le capitalisme nous engage fût très appréciée. La compagnie Jolie Môme a donné le « la » pour reprendre en cœur les chansons de lutte avec un public particulièrement réceptif !
La participation des collègues a été à la hauteur attendue : avec environ 1500 participant-es, cette opération a été un succès. Pour l’EE ce fut l’occasion de pouvoir rencontrer des collègues qui, suite à nos interventions dans les débats, se sont reconnus dans l’expression de nos idées.

… Mais quelques zones d’ombres

Dans le contexte de luttes sociales contre la réforme des retraites dans lequel nous nous trouvions encore le 12 novembre, il fut regrettable que ce mouvement n’ait pas été plus présent ; quelques mots dans les discours d’introduction et de conclusion, une allusion au 23 novembre, mais pas d’expression spécifique sur la lutte et la stratégie syndicale en cours, pas plus que de manifestation symbolique (sortir de la Halle Carpentier pour organiser un rassemblement à l’extérieur par exemple).
Estimant que les problématiques ne sont pas spécifiques à l’éducation et encore moins seulement à l’EPS et au sport scolaire, nous avons, en vain, tenté d’obtenir une table ronde sur la question de la défense des services publics.
Par ailleurs, et ce fut pointé par l’EE pendant la préparation, il nous semblait important que ce forum soit porté de manière plus fédérale par la FSU et ses syndicats de l’éducation.
L’EE SNEP a accueilli positivement cette manifestation, tout en veillant à ce que ne soit pas occulté le caractère général des combats à mener, convaincue que l’EPS ne peut se défendre seule, que les attaques sont généralisées et qu’il faut y opposer des luttes collectives larges.
Même s’il était important de rassembler la profession pour nourrir le rapport de force, même s’il était passionnant de débattre et de s’enrichir, en aucun cas les EPSiliades ne peuvent être utilisées pour démontrer que le mouvement social de l’automne perdure, comme ce fût le cas lors du dernier CDFN…
Enfin, ces EPSiliades ont été aussi l’occasion de noter que la question du sport, des sports, restait porteuse de divergences entre l’EE et la direction UetA du SNEP. « L’appel 2010 pour l’EPS et le sport éducatif pour tous », évoque les fondements humanistes, la dimension éthique et le rôle éducatif du sport… Des débats importants en perspective pour notre prochain congrès !

Les Epsiliades avaient pour objectif d’être à la fois :

Une grande manifestation pour peser sur le gouvernement et faire avancer l’idée qu’il faut développer l’EPS et le sport scolaire, le sport éducatif en général pour tou-tes (nous qui, à l’EE ne pensons pas que le sport porte intrinsèquement des valeurs éducatives, aurions préféré parler de pratique physique éducative)
Un colloque avec 3 conférences, 30 tables rondes qui se sont attaquées à bon nombre de problèmes liés à l’école, au sport et à l’EPS de l’école primaire à l’université.
Des rencontres avec des partenaires de l’école, du monde du sport, des élus politiques et des médias…
Une fête pour la convivialité !
Une manifestation culturelle avec des pratiques physiques sportives et artistiques innovantes, alternatives et des espaces culturels (librairie, vidéos, expos…).

Documents joints

Page 23. Epsiliades.
Page 23. Epsiliades.

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