Edito. Lutte de Classes.

Sophie Zafari.
lundi 20 septembre 2010  |  par  ÉÉ Revue  | 

On n’est pas de celles et de ceux qui ont des trémolos dans la voix pour parler de la République, ou qui pensent que le mal (le racisme d’Etat, les connivences et l’arrogance des puissants) a débarqué avec le règne de Sarkozy. La République des copains et des coquins, c’est une vieille histoire… bien de chez nous !

- Pourtant cela n’empêche pas le dégoût et la rage face au feuilleton de l’été et le sentiment qu’une étape supplémentaire est franchie vers un « un Etat policier de guerre sociale ».
Pas plus qu’on ne se résigne, on ne s’habitue à ce monde là : ces fortunes colossales, la soif d’argent et de privilèges des riches, la consanguinité entre le monde de la politique et celui de la finance. L’arrogance fait partie du système. Le sentiment de l’impunité aussi. Entre la réforme des retraites, le scandale Woerth-Bettencourt et le cynisme des comportements, il y a comme une continuité.

- Les ignominieuses charges « verbales », mais aussi physiques, contre les « étrangers », la chasse aux Roms, l’officialisation d’une xénophobie et d’un racisme d’Etat, la répression et l’humiliation dans les quartiers populaires, sont peut-être des tentatives de diversion mais sont aussi la marque de fabrique de cette politique de brutalité, de violences contre les pauvres, contre les étrangers, contre tous ceux qui sont différents.
Et franchement, rien n’est plus énervant dans ce contexte que les déclarations prudentes, la peur du piège ou du populisme… pour ne pas parler de ceux qui comme Attali ou Strauss-Khan viennent en renfort de ce gouvernement sur les retraites.
Sur ce terrain aussi, on n’est pas loin de la barbarie. Rigueur budgétaire, compression des dépenses publiques, réforme des retraites…
Derrière les mots il faut prendre la mesure de ce qu’il en est : le démantèlement du système de protection sociale, la destruction des services publics. Et en haut de l’affiche l’attaque brutale contre les retraites.

- L’enjeu de cette bataille, c’est non seulement de sauver une des conquêtes sociales les plus importantes mais c’est aussi, comme l’écrit Alain Bihr, « la préservation de ces acquis de la civilisation que constituent la prise en charge par la société des plus faibles et des plus démunis de ses membres : enfants et vieillards, malades et iinfirmes »… Et de poursuivre : « la lutte à mener est en définitive celle de la vie, de sa préservation, de son renforcement et de son intensification, contre la mort ; contre le règne du capital, cette accumulation de travail mort qui ne tolère finalement de la vie que ce qu’il peut en exploiter sous forme de travail vivant, tel un vampire qui se perpétue et se régénère en suçant le sang de ses victimes !  ».
Seule une mobilisation sociale à la hauteur de la violence qu’exercent ces dominants et venant bousculer leurs projets, peut changer la donne.

- Le succès de la mobilisation du 7 septembre ne doit pas rester sans lendemains. Il s’agit bien de construire – et rapidement – les conditions d’un affrontement déterminé pour défendre nos retraites, pour exiger et obtenir le retrait de leur contre-réforme. Cela passera nécessairement par des grèves, des mouvements prolongés – ce qui ne veut pas dire espacés !
Il nous faut occuper la rue et rappeler que « Oui, la rue peut gagner ! »

le 12 septembre 2010.


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N°25 Edito
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