POSITION DE L’EE-SNEP : POURSUITE DE L’ACTION

lundi 28 décembre 2009  |  par  ÉÉ-SNEP  | 

Le grand emprunt dote les « pôles d’excellence » des universités en
capital, accélérant leur privatisation et leur concentration, sur un
modèle libéral dogmatique de financiarisation qui a produit la crise que
l’on sait. Le gouvernement a échangé un tronc (pas si) commun au lycée
contre leur « autonomie », accentuant leur mise en concurrence et
ouvrant la voie à des éléments de privatisation. La lutte réeelle contre
l’échec scolaire dans le cadre des horaires obligatoires (horaires
disciplinaires amputés) est remplacée par des politiques de luttes
contre les déficiences (dysléxies, etc...) le volontariat en matière de
remédiation et la pression à l’orientation pour remplir les lycées
professionnels, en passant à la moulinette l’enseignement
technique.C’est une nouvelle sélection des élites qui est en route. Mais
une partie des OS et la FCPE, s’inscrit dans ce nouveau pacte européen.
La division syndicale prolonge celle existante sur les Traités
européens. Comme sur les politiques régionales en faveur du
développement marché, notamment de l’éducation professionnelle
(financement des investissements des établissements privés), un
consensus UMP-PS s’est dégagé sur le Lycée.

Dans ce cadre, l’initiative du SNES, un samedi, sans arc de force
unitaire, acte soudain volontariste sans démarche de construction
collective au sein même de la FSU est une fuite en avant, qui ne rompra
pas son isolement. Elle apparaitra comme sectorielle et plutôt
identitaire : ce sursaut apparent est en fait dans la continuité de la
stratégie des négociations à froid basée sur la seule représentativité.
Avec ce gouvernement cela ne marche pas. nous sommes en train de payer
lourdement le refus de combattre et de mettre en synergie les
mouvements.Nous sommes en train de payer lourdement les atermoiements,
les volontés d’essayer de grappiller des « concessions » et de les
valoriser face à un pouvoir qui avance vite sur tous les fronts.C’est
vrai dans le privé et dans les services publics, c’est vrai aussi dans
l’éducation dont la FSU et ses syndicats sont plus comptables que
d’autres. Les divisions paralysantes sur la formation, l’accéptation de
la méthode de discussion gouvernementale, l’incapacité à élargir la
mobilisation du supérieur explique nos difficultés à cette rentrée, et
l’engagement relatif dans la grève du 24 novembre, sans visibilité sur
une suite.

L’enjeu est bien de remobiliser le milieu enseignant qui a été laissé
l’arme au pied par les négociations de sommet, même accompagnées
sporadiquement de grèves de 24H. L’enjeu c’est aussi la bataille de
l’opinion.

Les informations sur le DHG et la fléchage national de leur affectation,
seront l’occasion de montrer concrètement la teneur de la réforme des
lycées, associée aux effets des suppressions de postes et leur
conséquences en terme de dégradation des conditions d’enseignements et
d’études ( désorganisation des emplois du temps élèves et professeurs,
réduction des possibilités de travail en groupes réduits, mise en
concurrence des disciplines...).La fausse « autonomie » proposée prépare
la contractualisation de moyens précaires (HSE) par le biais du contrat
d’objectif, s’ajoutant à un tronc commun réduit aux acquêts. La
globalisation de un tiers des horaires, comprenant le suivi
individualisé, les options facultatives et les moyens pour dédoubler ne
permettra en effet pas de servir tout le monde. Pour avoir sa
« conscience professionnelle » il faudra donc travailler plus.

Après avoir pris des positions mi-chèvre, mi-choux sur l’accompagnement
éducatif, le Conseil Pédagogique, le contrat d’objectif, il est
indispensable que le SNEP, pour sa part, donne à tous les collègues le
sens politique de ces dispositifs et appelle à refuser de cautionner
leur fonction dans le projet libéral.

Il y a certes une occasion de remobilisation des enseignants du lycée,
mais une mobilisation efficace ne peut concerner les seuls enseignants
de lycée ; les attaques libérales traversent tous les niveaux
d’enseignement. L’enjeu est bien de réunifier les préoccupations de
l’ensemble des personnels autour d’une alternative de service public à
son démantèlement actuel.

Plutôt que d’entériner l’opération de division syndicale du gouvernement
sur le lycée, en répondant par une action sectorielle, il faut pousser
les contradictions de « nos partenaires » de l’intersyndicale de
l’éducation en disant chiche à une action sur le budget, refusant les
suppressions de postes.

Comment peuvent ils justifier de soutenir une « réforme » dont un des
buts est de mettre en musique les suppressions de postes. Portons le
débat sur le lien entre les orientations libérales sur l’école et les
suppressions de postes (lettre ouverte ?)

Dans cette perspective, l’idée d’une semaine d’action service public
pour leur développement comme une des alternatives aux solutions
libérales à la crise, ayant en point d’orgue une grève, nous parait
être, un élément de redynamisation de la situation sociale, après
l’implosion de l’unité interprofessionnelle. L’appel unitaire à la grève
que nous proposerions notamment à nos partenaires de l’éducation devrait
être concrétisé dans l’appel lui même par la tenue d’une réunion
préparatoire intersyndicale et avec les parents dans les secteurs
géographiques, pour permettre la mise en commun les informations des
établissements sur les préparations de rentrée. Cela suppose la mise en
action des syndiqués pour appeler à cette réunion et y participer.

La poursuite de cette semaine par l’action permanente et prolongée de
collectifs service publics dans les secteurs et départements, cadre
d’unité pour les OS qui le veulent, permettraient de maintenir le cadre
de débat et d’appréciation de la situation et la réactivité nécessaire
sur des dossiers en cours (poste, hopitaux...) et de développer
l’action, notamment sur l’éducation, en créant dans les localités et
secteurs des antennes actives de ce collectif.

L’enjeu dépasse la décision d’une action témoignage d’avant congrès, il
nous faut une stratégie pour mettre en action et gagner. De cela je
pense que tu es convaincu, mais de notre point de vue, la stratégie
utilisée jusqu’à présent par le SNEP pour cela n’est pas la bonne. Nous
pensons en effet qu’accréditer la volonté ministérielle de négociation
était contradictoire avec défendre des bases revendicatives solides
pour développer des mobilisations unitaires.

Les représentants EE au SNEP

le 20/12/09


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