4 pages EE pour le Congrès

mardi 24 février 2009  | 

ONT PARTICIPÉ À LA RÉDACTION DE CE QUATRE PAGES

Veronique Ponvert, Ingrid Darroman, Yves Cassuto, Edvige Friso, Elisabeth Hervouet, Stéphane Moulain, Céline Boudié et Natacha Piaget.

PERPIGNAN 2009 LE CONGRES DE LA SOUMISSION ?

Réuni tous les deux ans, le congrès du Snes a pour charge de déterminer les orientations du syndicat pour les années suivantes… Depuis le dernier congrès, les réformes et les attaques se sont succédé à un rythme fou, avec une gravité toujours crescendo. Après avoir été asphyxié par la stratégie gouvernementale, le Snes est aujourd’hui acculé : comment combattre cette politique qui veut liquider les acquis sociaux, les services publics et en particulier l’éducation ? Face à une droite si dure, le bras de fer est-il envisageable ?

La loi Fillon qui s’applique désormais dans toutes ses dimensions permet des déréglementations sauvages à tous les étages ; ainsi, Darcos « libéralise » la carte scolaire, met en place le socle commun et son évaluation par compétences, achève la destruction des ZEP amorcée par de Robien et, au prétexte de l’égalité des chances, installe l’individualisation des parcours scolaires, des carrières, il encourage le mérite de quelques-uns en négligeant l’intérêt de tous, a fortiori des plus faibles. Toutes les mesures prises par Darcos reposent sur le triptyque « individualisation, évaluation, performances ». Cela vaut pour les élèves, mais aussi pour les personnels, donc pour tout le système éducatif, de la maternelle à l’université. Face à une telle offensive, l’attitude syndicale évolue au fil du temps : au départ, le Snes justifie son inertie en mythifiant la légitimité du pouvoir en place (Sarkozy élu avec 53 %), puis il explique sa paralysie en diabolisant l’ennemi qu’il juge surpuissant et donc invulnérable. Il oscille alors entre tentation de repli corporatiste qui permet quelques microvictoires, et acceptation d’actions massives et unitaires. Mais à aucun moment il n’envisage l’affrontement réel avec ce gouvernement, ne menant que des actions ponctuelles et sans lendemains… pour faire le « grand écart » : répondre un temps soit peu à la frange la plus mobilisée de la profession tout en évitant d’enclencher une mobilisation plus durable. Un Snes « déboussolé » Le Snes, écrasé par l’ampleur de la tâche, se refuse à mener la bataille ; il réagit au jour le jour.Face à l’absence d’alternative politique pour lui crédible, il choisit de « composer » avec le pouvoir en place, histoire de gagner quelques miettes et de se glorifier d’avoir permis d’éviter le pire. En juin 2008, il signe les « points de convergence » sur le lycée ; il lui faudra plusieurs mois pour accepter de quitter les discussions. Au final, il sort la tête haute, satisfait que le projet initial, catastrophique, ait évolué, puis ait été ajourné (niant la part déterminante du mouvement lycéen dans la décision du report !). Il opère la même stratégie sur le dossier « masterisation », et sous prétexte d’une prétendue revalo pour quelques-uns, il sacrifie la formation pour tous, le statut… Vers un syndicalisme d’accompagnement ? Ces derniers mois, le Snes a clairement fait le choix d’accompagner les plus mauvaises réformes, espérant les rendre un peu « moins pires » et que la profession lui en saura gré. Pas sûr ! Le résultat des élections professionnelles démontre un recul du SNES… Sur le terrain, au quotidien, les conditions de travail des collègues se dégradent, les missions et le temps de travail sont malmenés et distendus, et face à cette réalité, le Snes se refuse àfaire front, à proposer des mots d’ordre de refus (de l’accompagnement éducatif, de l’expérimentation des livrets de compétences, par ex.) et laisse les collègues seuls et démunis. Face aux milliers de suppressions de postes qui ont touché de plein fouet le second degré, il a préféré « discuter » avec un ministre qui accumule provocations, mépris et insultes. Et les collègues devraient cautionner une telle attitude ? Une autre orientation pour le Snes ! Le congrès se tiendra sous ces augures : les prérapports sont empreints de cette orientation réformiste du syndicat, orientation « décomplexée »… Dans le thème sur le syndicalisme, il est question de prévoir des mandats pour que le Snes parvienne désormais à conjuguer « action, propositions, et négociations » ! Aucun mot d’ordre, quasiment pas de revendications : on s’en tient au constat de l’existant, à la dénonciation voire aux voeux pieux… Le système éducatif est en passe d’être totalement bouleversé, le Snes en a pris acte, mais n’a pas l’intention de lutter pour inverser la tendance : la marche lui semble trop haute. C’est cette orientation qu’il nous faut combattre : l’Ecole Emancipée ne sera pas seule à mener cette bataille, de nombreux S3, des militantsUAs’opposent aussi à cette attitude du Snes, ce qui s’est manifesté notamment sur la question de la réforme du lycée. L’enjeu de ce congrès sera de redonner à l’organisation syndicale la combativité, dont nous avons plus que jamais besoin, pour faire échec à la destruction du service public d’éducation.


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