L’attestation du niveau A2 en Langues Vivantes au collège est une mascarade : l’évaluation des LV est bradée !

jeudi 29 janvier 2009  | 

L’attestation du niveau A2 du CECRL (Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues) - c’est le niveau normalement atteint par un élève après 2 années de cours - a été imposée à la hâte pour l’obtention du Brevet en juin 2008, contre l’avis des équipes
Quelle mascarade et quelle hypocrisie ! Sous couvert d’une soi-disant revalorisation de l’enseignement des Langues Vivantes au collège, on a instauré une évaluation au rabais, qui n’est fiable ni dans ses principes, ni dans ses résultats !

Les principes :
 les critères d’évaluation sont très flous et extrêmement disparates d’un établissement à un autre (alors qu’il s’agit d’un examen national !),
 on transforme les professeurs de LV en « évaluateurs permanents », car « l’évaluation des 5 activités langagières est continue et ne doit pas donner lieu à la mise en place d’une épreuve particulière ».
 on doit évaluer, en 3ème LV1 par exemple, simultanément - tout en suivant les programmes - le niveau de fin de 5ème !
Les résultats :
 les conditions d’égalité des élèves devant l’évaluation ne sont pas remplies, puisqu’il n’existe aucune grille nationale d’évaluation du niveau A2,
 la crédibilité des enseignants est mise à mal, celle de l’enseignement des LV aussi !
 quasiment aucun jury, objectivement, ne prend la responsabilité de ne pas délivrer le DNB à des candidats qui obtiennent la moyenne à la fois au contrôle continu et aux épreuves finales, mais qui n’ont pas l’attestation de niveau A2 (ce qui revient à rendre le travail d’évaluation des enseignants de LV inutile !).

Dans ce contexte, les collègues sont exaspérés : ce dispositif imposé en toute hâte, sans cadrage national, pose davantage de problèmes qu’il n’en résout.

La majorité des enseignants de LV dénonce ouvertement le fait d’être placé devant un choix personnel : valider ou non le niveau A2 pour leurs propres élèves - sans consignes claires d’évaluation et sans égalité de traitement des candidats. Ils dénoncent aussi le caractère illusoire de cette évaluation pour l’obtention du DNB.

Le SNES n’a certes pas été entendu sur la demande d’un moratoire en 2008, mais il n’a pas su obtenir ensuite le refus collectif de cette « évaluation bricolée », qu’il aurait dû organiser sur le terrain.
Le SNES devra demander à nouveau en 2009 que soit suspendu ce simulacre d’évaluation, et que soit instaurée une véritable évaluation des LV pour le DNB.

Sylvain CARON - Ecole Emancipée (collège, Le Havre)


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