Signons et faisons signer pour exiger le RIP

lundi 11 novembre 2019  |  par  École Émancipée  | 

Après le vote de la privatisation du Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris), adopté définitivement par le Parlement le 11 avril 2019, les citoyen-nes français-es ont la possibilité de demander un réexamen de cette décision dans le cadre de la procédure de Référendum d’Initiative Partagée (RIP). La proposition de loi référendaire vise à « affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris ». L’objectif est d’empêcher la privatisation et requiert le soutien d’un dixième du corps électoral, avant le 12 mars 2020 inclus, soit la signature de 4,7 millions d’électeurs (4.717.396 précisément). Privatiser ADP : encore un cadeau du gouvernement aux rapaces du privé. Depuis sa création en 1945, ADP a été transformé en Société Anonyme, puis introduit en Bourse. 50,6% de son capital est aujourd’hui propriété de l’Etat, le reste du capital étant détenu par des investisseurs institutionnels ou privés, comme Vinci (8%), dont la filiale Vinci Airport gère déjà 45 aéroports à l’international, en tant que premier opérateur aéroportuaire privé au monde… ADP, premier groupe mondial dans la gestion aéroportuaire, avec un chiffre d’affaires de 4,47 milliards d’euros en 2018, possède des participations dans de nombreux aéroports en France et à l’étranger. C’est également le premier propriétaire foncier d’Ile de France. Ses bénéfices (610 millions d’euros) sont en hausse de 6,9 % en 2018, après plusieurs années de très bons résultats , et c’est la deuxième valeur boursière de l’Etat après EDF. Tout ceci ne peut que susciter les appétits des multinationales, de leurs actionnaires et de la finance. Le gouvernement argue que l’État n’a pas vocation à maintenir sa participation dans des entreprises qui ne répondent pas à des missions fondamentales contribuant à la souveraineté nationale. L’argent issu de ces cessions devrait alimenter un fonds pour l’innovation de l’industrie et contribuer (faiblement) au désendettement de l’Etat. Cette argutie ne résiste pas à l’examen des faits. D’un point de vue budgétaire et financier, il serait aussi efficace que le gouvernement consacre les dividendes qu’il touche d’ADP directement à l’innovation industrielle. D’autant que cette privatisation aura un coût -qui pourrait atteindre un milliard- pour indemniser les actionnaires. L’argument fallacieux de maîtrise de la souveraineté nationale est également évoqué, puisque les aéroports parisiens, avec 100 millions de passagers par an, constituent la première frontière de la France. Le Collectif national ADP, à l’origine d’une campagne unitaire, clame haut et fort qu’il s’agit encore une fois de favoriser des intérêts privés. L’appel évoque les privatisations scandaleuses des autoroutes, de la Française des Jeux, Engie, l’Office National de la Forêt, les barrages hydroélectriques, les ports, les routes nationales et d’autres comme de nouvelles cibles de ces ventes de biens publics à la découpe. Impulsons une mobilisation unitaire d’envergure pour la défense des biens publics. Avec le RIC, l’avenir d’ADP repose entre les mains du peuple mobilisé pour la défense des biens publics et c’est là un enjeu démocratique de première importance. C’est une bataille pour garder la maîtrise publique du transport aérien et développer une politique cohérente correspondant aux besoins populaires. C’est aussi un combat pour la sauvegarde de l’environnement et pour la transition écologique car rien ne serait pire que laisser les clefs du transport aérien aux intérêts privés. Dans un contexte d’attaques gravissimes contre le Service public, il faut amplifier, démultiplier cette campagne au plus près de nos concitoyen-nes, dans le sillon et au service des actions du Collectif national dont la composition unitaire large permet une dynamique à la hauteur de l’enjeu. Même si des difficultés existent, liées au contexte politique (arc des organisations politiques, période pré élections municipales, état des forces militantes mobilisables…), syndical (réflexes identitaires, relations parfois complexes du monde syndical au « politique » …), et médiatique (verrouillage des médias grand public…), nous devons les surmonter et impulser les votes pour qu’un référendum soit organisé. Denis THOMAS

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