Alerte sur la formation des enseignant-es : mobilisation dans les ESPE !

jeudi 22 novembre 2018  |  par  École Émancipée  | 

Après la réforme de la masterisation, les changements de position du concours et l’alourdissement du stage sous Sarkozy, le re-changement du concours sous Hollande, ce sont maintenant Blanquer et Vidal qui préparent une énième réforme de la formation, aggravant encore les conditions de formation et d’entrée dans le métier des enseignant-es et CPE. Le terrain a été préparé avant et pendant l’été par plusieurs rapports et des déclarations à la presse. Les textes de mise en place sont désormais prêts : projet de loi « confiance » (comme les couches  ?), arrêté sur le référentiel de formation, modification du statut des assistant-es d’éducation (AED). Ces textes installent une forte reprise en main sur la formation par le ministère de l’Éducation nationale (MEN), cohérente avec la politique éducative de Blanquer : les ESPE deviennent des Instituts nationaux (INSPE), les directeurs-trices sont choisi-es par le recteur ou la rectrice et les président-es d’université. Le terrain de stage est supposé former automatiquement les débutant-es, au détriment de l’apprentissage progressif de savoirs universitaires et professionnels. Recruté-es dès bac + 1, les nouvelles et nouveaux AED pourront exercer des missions pédagogiques et d’enseignement et être utilisé-es comme remplaçant-es, voire être en responsabilité de classe dès le M1. La position du concours et le décrochage 1er/2nd degrés, s’ils ne font pas encore l’objet de textes officiels, sont eux aussi clairement dans le viseur : « il s’agit de faire évoluer la situation actuelle, avec une vision différente pour les premier et second degrés » annonçait Blanquer le 7 novembre devant le Sénat.

Cette casse de la formation ne peut que détériorer encore l’entrée dans le métier des enseignant-es, déjà difficile, etprécariserl’accèsàlaFonctionpublique. Surtout, alors que l’enjeu principal de la formation est d’outiller les enseignant-es pour qu’elles et ils puissent, dans leurs pratiques pédagogiques et éducatives, participer à la démocratisation scolaire et lutter contre les inégalités entre les enfants, cette réforme tourne le dos à cet objectif en plaçant devant les élèves des enseignant-es mal formé-es et mal-traité-es.

Inquiet-es de cette réforme, des formatrices et formateurs des ESPE se mobilisent depuis septembre. Des AG ont été organisées dans au moins une douzaine d’entre elles le 12 novembre, associant les personnels et les étudiant-es et stagiaires, à l’appel d’une intersyndicale nationale (dont SNESup, SNCS et SNEP). Le SNUipp vient de décider de participer à la mobilisation. Pour faire obstacle à la réforme gouvernementale, celle-ci doit d’urgence s’amplifier. ●

MARY DAVID


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