Sandrine Monier sur les contrats aidés

lundi 25 septembre 2017  |  par  École Émancipée  | 

Quelle entreprise pourrait annoncer la suppression de 23 000 emplois en cette rentrée sans que le monde du travail ne s’en émeuve ?

C’est pourtant la hauteur du plan social dans l’Education nationale, touchée de plein fouet par la diminution drastique du volume d’emplois aidés. Des contrats dont l’Education nationale a été largement surconsommatrice, profitant d’une main d’œuvre bon marché, précarisée, corvéable, avec des horaires de travail adaptables. Galvanisée par des salaires financés à hauteur de 70% et sans jamais – ou rarement - se trouver inquiétée sur ses responsabilités en termes de formation professionnelle et de retour à l’emploi.
Seule perspective pour les contractuel-les en CUI-CAE dans les écoles ? Un accès dérogatoire au CDD d’AESH pour celles et ceux justifiant de l’expérience requise auprès des élèves en situation de handicap… et encore suivant le nombre de CDD disponible. Pour les autres, retour à la case Pôle Emploi.

La Fonction publique dans son ensemble n’est pas en reste. Des pans entiers de secteurs se retrouvent confrontés aujourd’hui à la même difficulté : avoir utilisé des contractuel-les en CUI-CAE sur des missions de service public pérennes sans avoir transformé ces emplois en emplois stables et durables… Aide à la direction d’école, aide à la surveillance des élèves, aide au fonctionnement de l’école…, mais aussi autour de nous, fonctionnement des cantines et des transports scolaires, encadrement du périscolaire, et plus loin, accueil du public, aide administrative, sécurité, aide à la personne… dans de nombreux secteurs publics. Les politiques austéritaires ont aussi pour effet d’étrangler les collectivités territoriales sous pression de la baisse des subventions. Ce qui se traduit souvent par d’autre choix que de recourir aux emplois aidés pour assurer des missions de service public.

Largement mis en cause dans les media, le gouvernement est aujourd’hui déstabilisé. Il lâche du lest. Des promesses ont été faites en direction de l’éducation nationale, notamment sur l’accompagnement de tous les élèves notifiés. Et aussi en direction de l’outremer, des communes rurales et des milieux associatifs. Mais il va chercher aussi à colmater les brèches sur du court terme, en missionnant par exemple des volontaires en service civique sur des emplois occupés jusqu’à présent par des salarié-es, ce qui est inacceptable.

Aujourd’hui il y a urgence. Urgence à se battre pour les plus précaires d’entre nous – que nous syndiquons. Urgence à investir un champ – syndical par définition – celui de l’emploi. Nos écoles, leur environnement proche, les services publics sont générateurs d’emplois, le nombre de contractuel-les en CUI-CAE embauché-es dans le secteur public le prouve.

Cette bataille, la FSU doit la mener rapidement, quitte à bousculer son calendrier d’actions contre la précarité. Il s’agit aujourd’hui de faire le lien entre les secteurs touchés par ces suppressions d’emplois et de mettre cette question à l’ordre du jour des prochains rendez-vous.

A l’approche du budget, nous devons exiger plus que jamais le réemploi de ces milliers de personnels et la création d’emplois statutaires sur les missions de service public pérennes.

L’emploi des contractuel-les en contrat aidé doit être au centre de la semaine d’actions départementales du 2 au 6 octobre. Cela implique aussi d’ajouter un axe de revendications à la journée de mobilisation Fonction publique du 10 octobre.

Cette bataille est à double enjeu, à la fois sur l’emploi et sur la lutte contre la précarité dans la Fonction publique. Il serait donc incompréhensible que la FSU n’y prenne pas toute sa place.


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