Un 8 mars combatif

dimanche 5 mars 2017  |  par  ÉÉ-SNES-Acad  | 

Le 8 mars, les commerçant-e-s offrent des roses à leurs clientes, parfait dévoiement de cette date. Non le 8 mars n’est pas la fête des mères (institution pétainiste par ailleurs), ce n’est pas non plus l’équivalent de la journée du patrimoine, ou de la courtoisie au volant. Le 8 mars c’est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Proposée dès 1910 par Clara Zetkin, communiste et féministe allemande, elle a été fixée au 8 mars après la manifestation des femmes à Saint-Pétersbourg en 1917. Depuis des années les féministes du monde entier maintiennent vivante cette initiative.

Aujourd’hui nous avons l’occasion de changer l’ampleur des manifestations. Attaquées de toute part (en Espagne, en Pologne, aux Etats- Unis …), les femmes se mobilisent, en Amérique du Sud contre les violences faites aux femmes, en Pologne contre l’interdiction de l’avortement, le 7 novembre en France contre les inégalités salariales… et obtiennent des victoires. Le 21 janvier, à l’initiative des américaines, plus de deux millions de femmes et d’hommes ont participé aux marches des femmes partout dans le monde

En France le mouvement syndical (CGT, FSU, Solidaires) s’est joint aux associations féministes et a appelé à faire de ce jour une grande journée de lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes, avec grève, et manifestations, en particulier à partir de 15h40, heure à laquelle la différence de salaires entre les femmes et les hommes fait que les femmes ne sont plus payées. Car les femmes sont encore payées 26 % de moins que les hommes.

Ces inégalités sont aussi importantes dans la Fonction Publique : les cadres C (catégories les moins bien payées) sont majoritairement des femmes, les cadres supérieurs sont majoritairement des hommes. Dans l’Education Nationale aussi plus on monte dans les grades et les échelons, plus les titulaires sont des hommes qui sont aussi mieux notés que les femmes. Les femmes retraitées sont elles aussi pénalisées : elles ont parcouru leur carrière plus lentement, elles ont pris davantage de temps partiel. Elles ont donc des pensions plus faibles

Pour que ces inégalités cessent, il faut s’engager dans la lutte. Pourtant la direction U&A ne le fait qu’à reculons et ne se donne pas les moyens de mobiliser les collègues : rien dans le 4 pages femmes supplément à l’US, la question n’est pas à l’ordre du jour de la réunion qui prévoit les actions de ce début de mois de mars, le Pour Elle spécial 8 mars n’est pas diffusé aux syndiqué-e-s.

À nous toutes et tous de dire que, pour nous il s’agit d’une question essentielle du syndicalisme.

Les manifestations à Paris, dans de très nombreuses villes en France, dans le monde, ont montré que l’engagement des syndicats dans l’action au côté des associations féministes était une nécessité. Il y a eu plus de manifestations cette année, réunissant souvent plus de militantes et de militants. La FSU et le SNES doivent prendre une part active à ce combat et faire de l’égalité entre les femmes et les hommes un objectif essentiel de leur syndicalisme. Il faut changer d’attitude, le féminisme n’est pas un supplément d’âme !

Amandine Cormier et Élisabeth Hervouet


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