En attendant Godot…

dimanche 8 janvier 2017  |  par  École Émancipée  | 

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » Jean Jaurès

Alep, Mossoul, Bruxelles, Nice, Berlin, aux Philippines, en Turquie… La violence et la guerre se portent bien. Elles poussent partout les hommes à tout abandonner pour chercher refuge.

Ailleurs d’autres hommes dressent des murs, des barbelés entre eux et nous. Séparer, repousser. Niées la mort et la souffrance. Nous n’avons pas vocation à accueillir toute la misère du monde a dit un ex ministre socialiste. Ici aussi des murs se dressent. Notre incapacité à faire de nos alter ego des égaux tisse des barbelés, attise la haine et la violence.

A Pau un mois de prison ferme pour avoir volé pour 37 euros de nourriture, à Figeac 2 mois de prison ferme pour des pâtes, du riz et une boite de sardine, à Toulouse 4 mois fermes pour 19 tomates, deux conserves, un litre d’huile et quelques biscottes dérobés dans un restaurant scolaire… 400 millions, cadeau d’une ministre à un ex ministre, ex fossoyeur d’entreprise, promoteur de l’esprit d’entreprise. A ça la justice ne trouve rien à redire, juste une négligence. Justice d’exception, justice de classe.

Là ou des luttes collectives ont permis de créer du commun le capitalisme ne cesse de diviser les hommes. Là où des droits collectifs ont été durement acquis, construits, le capitalisme met en concurrence et isole : « droits » attachés aux individus, « droits » attribués au mérite. Qui choisit les méritants ? Les mêmes que ceux qui décident qu’il est inacceptable de voler une baguette parce que l’on a faim, mais pas d’amputer le budget de l’état de 400 millions d’euros.

Si c’est sans nostalgie aucune que nous laissons derrière nous l’année 2016, Godot ne viendra pas plus en 2017. Pozzo va pouvoir continuer à tirer tranquillement sur la laisse.

Ne concédons plus rien au désert qui ne cesse d’avancer, à la brutalité d’un système qui se nourrit de l’exploitation, de l’aliénation des peuples au profit d’une hyper minorité. Devant l’abrutissement médiatique, les déclarations d’intention ne suffisent plus. Devant les pseudo évidences et la peur qui rend la laisse invisible, les analyses les plus pertinentes sont inopérantes. C’est les mains dans la terre, en tissant des liens au milieu de la vie, au travail, au quotidien que nous pourrons faire reculer les déserts. En plantant des graines comme Elzéard Bouffier le berger provençal de Giono.


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