Rapport d’Activité national : réponse de l’École Émancipée

mardi 20 décembre 2016  |  par  ÉÉ-SNEP  | 

Porter une appréciation sur le rapport d’activité (RA) national est un exercice d’autant plus difficile qu’en l’absence d’un cadre permettant l‘expression des divergences au sein même du RA, il ne peut se conclure au SNEP que par un vote sans nuance de tout le bilan.
Si nous avons soutenu certaines des analyses et décisions qui ont guidé l’activité du SNEP ces 3 dernières années, nous avons aussi, tout au long de ce mandat, exprimé divergences voire réels désaccords avec la majorité de la direction nationale, par exemple :

Sur ce que la direction du SNEP-FSU qualifie d’avancées quand elle cherche à montrer que l’activité syndicale peut « engranger des victoires »  :

Quand la majorité de la direction nationale s’est réjouie du nouveau socle commun devenu de compétences, de connaissances et de culture et a renvoyé aux enseignant-es d’EPS comme une avancée, l’intégration de l’EPS à ce que nous qualifions, nous, de minimum culturel, elle a fait fi de ce que nous pointons depuis le début : en se centrant sur des savoirs et compétences « de base », le socle est de fait en contradiction avec la nécessité de savoirs disciplinaires ambitieux pour nos élèves.
En EPS, la vacuité des nouveaux programmes de collège, articulés au socle, en est malheureusement la preuve et le ministère a beau jeu aujourd’hui de justifier la disparition de l’évaluation de l’EPS en tant que discipline au DNB, par la participation de l’EPS à l’évaluation des compétences du socle.

Dans un autre domaine, qualifier là encore « d’avancée » la réécriture des statuts de 1950 sur les Obligations de Service, c’est oublier que si le texte reconnait une partie du travail invisible des enseignant-es, le fait que certaines de nos missions (coordination EPS, district UNSS…) soient passées sous le régime indemnitaire (IMP) entraine de fait une augmentation de la charge de travail.
La possibilité qu’elles soient assumées en décharge de service étant soumise au bon vouloir des Recteurs n’a bien sûr trouvé aucune réalité dans le contexte austéritaire.

Sur le sport de haut niveau, les grands évènements sportifs internationaux, les jeux olympiques nous sommes en total désaccord avec la direction du SNEP :

Les instances internationales qui dirigent ces évènements sont régulièrement accusées de corruptions, trafics financiers, d’influences rémunérées. 
C’est le règne de l’argent roi, des profits exorbitants - souvent défiscalisés - de tricheries, de dopage, de mensonges et de manipulations médiatiques. Ces pratiques ultra libérales n’apportent rien à l’humanité.
La candidature de Paris aux JO de 2024 est un maillon de cette chaine que nous refusons comme modèle corporel mondialisé. Rompons avec le dépassement permanent et recherchons un loisir et une éducation corporelle qui soient démonétisés.
Il est temps de construire un nouveau référentiel pour notre syndicat.

Sur l’activité syndicale que nous devons développer pour avoir une chance de peser :

Le Bulletin national du SNEP n’a, à notre avis, pas joué suffisamment son rôle d’aide à la compréhension du contexte dans lequel s’ancre pourtant l’activité syndicale.
Les articles d’analyse sur d’autres sujets que ceux directement liés à notre secteur y sont trop rares pour permettre aux adhérent-es du SNEP-FSU de faire le lien entre ce qu’ils et elles vivent dans l’exercice de leur métier et le cadre général dans lequel il s’inscrit. Armer les collègues d’une analyse de ce contexte, c’est pourtant :

  • Montrer que ce contexte général et ses conséquences sur nos métiers résultent de choix idéologiques qui ne sont pas inéluctables et donc lutter contre la résignation,
  • Développer l’état de vigilance nécessaire à une capacité de réaction rapide en cas de besoin et donc favoriser les mobilisations les plus larges pour permettre au mouvement social d’être enfin entendu et in fine à nos revendications spécifiques d’aboutir.

Loin d’abandonner nos revendications spécifiques, nous défendons en effet l’idée que c’est parce qu’un mouvement social large aura pu imposer une alternative aux orientations libérales, que nous reconquerrons des services publics rénovés et démocratisés et parmi eux des services publics Jeunesse et Sports et Education Nationale émancipateurs dans lesquels nous aurons toute notre place.

A ce titre, la justification de l’engagement de la FSU dans le mouvement social et syndical contre la Loi « Travail » par le simple fait, comme il est écrit dans le RA, que « la flexibilisation et la précarisation du marché du travail (…) peuvent avoir des répercussions dans la Fonction Publique dans un contexte de régionalisation ; le recul des droits dans le privé trouve toujours une déclinaison au sein de la Fonction Publique » est symptomatique des divergences qui perdurent entre l’Ecole Emancipée et la majorité UA.

Si nous, militant-es de l’ÉÉ, avons été pleinement mobilisé-es contre la Loi Travail, c’est, au-delà de ses possibles déclinaisons dans la fonction publique, parce que nous refusons le monde dont elle est le reflet et l’accélérateur.
Oui, nous pensons qu’il est de la responsabilité du syndicalisme de transformation sociale d’organiser la résistance à la poursuite de la libéralisation de la société.

Pour toutes ces raisons, nous n’appelons pas à voter Pour le Rapport d’Activité.

Les élu-es ÉÉ du bureau national sortant :
Véronique Bonnet, Guy Bertolino, Nicolas Habera,
Marie- Pierre Laurentin, Valérie Soumaille, Daniel Vey


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