Micro-compétences ou (mauvaises) notes : refusons de choisir, construisons notre projet d’école !

vendredi 25 mars 2016  |  par  ÉÉ-SNES  | 

La ministre le martèle : « il faut sortir de l’évaluation - sanction ». Pour cela son administration nous concocte des programmes, une réforme du collège, un nouveau socle et un nouveau livret scolaire, censés remédier à cet état de fait. Pourtant c’est bien à une dégradation des conditions d’enseignement que les élèves et les professeur-e-s vont subir.

De nouveaux programmes, un nouveau livret scolaire organisés autour d’un socle remanié :

Les nouveaux programmes, élaborés à travers un savant aller-retour entre le conseil supérieur des programmes et le ministère sont organisés autour du nouveau socle commun. Ces thématiques remaniées semblaient à sa sortie lui donner une ambition renouvelée et avaient permis au SNES d’y placer quelques espoirs de voir abattu le socle Fillon et son corollaire : le LPC. Avec le recul, il faut constater que le compte n’y est pas. Le Livret Scolaire Unique Numérique (LSUN) viendra remplacer le LPC, que les équipes ne remplissaient pas ou souvent sous la contrainte. Ils y dérogeaient d’autant plus facilement que le bulletin scolaire restait le document officiel de l’évaluation. Avec le LSUN, le bulletin scolaire devient une émanation de celui-ci et ainsi, les professeur-e-s se retrouvent contraint-e-s de compléter le livret. La droite en rêvait, le PS l’a fait…

Un statu quo accepté par la majorité des professeur-e-s :

Le bulletin scolaire avec ses moyennes, ses notes bonnes ou mauvaises, ses appréciations remplies au mieux face au nombre d’élève sans cesse grandissant que les enseignant-e-s ont à accueillir n’est pas non plus satisfaisant, mais il convient actuellement à la majorité de nos collègues, qui devant l’ampleur de la tâche ont souvent du mal à trouver de nouvelles manières d’évaluer sans tomber dans l’usine à case proposée par les défenseurs de l’école du socle.

Une nouvelle manière d’évaluer à imaginer, une école à transformer et des personnels à former :

L’école capitaliste est avant tout une école du tri social et « l’égalité des chances » un mensonge aussi gros que l’oxymore que constitue cette expression : c’est un système qui garantit au lièvre et à la tortue la même ligne de départ… Ainsi pour tenter de sortir de la spirale infernale de « l’évaluation - sanction », il serait bon de déconnecter l’évaluation de l’orientation en construisant des cursus commun les plus longs possibles pour tous les élèves, afin que ne s’installe pas très tôt dans la tête de ceux les plus en difficulté l’idée qu’une porte de sortie un peu honteuse du point de vue du « mérite » leur est réservée.

Clément Lefèvre (éé 276)


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