Pour en finir avec un lycée de la reproduction sociale

vendredi 25 mars 2016  |  par  ÉÉ-SNES  | 

Un spectre hante les congrès du SNES : le spectre du lycée unique. La discussion est trop souvent délaissée par les militant-e-s, car elle est vue comme une discussion « constitutive » des désaccords entre l’Ecole Emancipée et Unité et Action. Il est aujourd’hui de plus en plus clair que ces trois voies reproduisent les inégalités sociales. En 2014, plus de la moitié des élèves du cycle général sont issus d’une catégorie sociale favorisée ; alors que plus de la moitié des élèves du cycle professionnel sont issus d’une catégorie sociale défavorisée (voir les statistiques en fin de texte).

Une gestion tendue des flux d’élèves

Dès juin prochain, de la sixième à la terminale aucun élève ne redoublera plus, sauf demande des parents. Cela représente une économie d’un milliard d’euros par an [1]. Et peu importe, si les jeunes ont acquis, ou non, les connaissances, les savoirs, savoir-faire et même la culture commune. Le maitre mot est celui de la réduction des dépenses…

Cet état de fait va renforcer les stéréotypes enseignants concernant une certaine hiérarchie entre les voies du lycée, y compris une orientation genrée.

S’autoriser à penser un lycée pour le XXIe siècle

Bien sûr, on pourrait opposer au lycée unique le manque de temps hebdomadaire ou la nécessité de rogner les programmes. Mais l’existence des trois voies n’empêche pas le gouvernement d’une part de réduire les horaires disciplinaires et d’autre part, de rogner les programmes.

Il s’agit, ici, de s’autoriser à réfléchir à ce que nous souhaitons pour les jeunes. Pour cela, il faut arriver à s’extraire du quotidien et des impératifs économiques des gouvernements. Chaque jeune a le droit à une formation pluridisciplinaire, qui mêle les connaissances intellectuelles et manuelles. C’est ce qu’à l’EE, nous appelons le lycée unique polytechnique et polyvalent. Cela n’a rien à voir avec une éducation au rabais et encore moins avec une négation des savoirs et savoir-faire manuels.

Statistiques à la rentrée 2014, dans les établissements publics [2].

  • Dans le cycle général
    - 50,8% des élèves sont issus d’une catégorie sociale favorisée
    - 25,7% des élèves sont issus d’une catégorie sociale moyenne
    - 23,8% des élèves sont issus d’une catégorie sociale défavorisée
  • Dans le cycle technologique :
    - 32,5% des élèves sont issus d’une catégorie sociale favorisée
    - 29,6% des élèves sont issus d’une catégorie sociale moyenne
    - 38% des élèves sont issus d’une catégorie sociale défavorisée
  • Dans le cycle professionnel :
    - 17% des élèves sont issus d’une catégorie sociale favorisée
    - 26,8% des élèves sont issus d’une catégorie sociale moyenne
    - 56,3% des élèves sont issus d’une catégorie sociale défavorisée

Raphaël Giromini (Créteil)



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