Sophie Zafari (EE) sur la partie internationale du thème 3

mardi 9 février 2016  |  par  ÉÉ FSU  | 

Sur le terrain de la politique diplomatico-militaire, comme sur d’autres terrains, non seulement Hollande n’a pas opéré de rupture avec Sarkozy mais c’est même une fuite en avant à laquelle on assiste.

Comme l’écrit la CGT dans son communiqué d’hier : la France se comporte en gendarme du monde, multipliant les interventions militaires, en Afrique et au moyen-orient. Elle multiplie aussi ses ventes d’armes (3ieme exportateur mondial) : Elle vend à tour de bras ses Rafale, ses hélicoptères de combat et autres patrouilleurs à des régimes théocratiques et dictatoriaux comme l’Arabie Saoudite.Et là le double discours du gouvernement français est patent : en particulier en vendant des armes aux monarchies pétrolières ( Koweit, Qatar, Emirats arabes unis )dont les responsabilités dans le financement de Daesh sont connues.
En cela elle participe activement à l’instabilité mondiale.

Et quant aux interventions, on sait le chaos qu’elles laissent derrière elles. Ces guerres dans le Monde sont meurtrières. Il n’existe pas de « frappes chirurgicales », ni de « guerre propre », sans mort. C’est plusieurs millions d’être humains (dont des enfants) morts depuis la première invasion irakienne par les coalisés.
De ce point de vue dans le texte des rapporteurs, il faut modifier la formule : « revoir » concernant la politique guerrière et va-t’en guerre de Hollande à laquelle nous devons nous opposer et opposer d’autres choix.

Concernant l’amendement 54, au sujet de la demande de retrait du PKK de la liste européenne des organisations terroristes.

Quelques rappels qui fondent le fait que nous devons adopter ce mandat. En 2002 – alors même que le PKK observait unilatéralement un cessez-le-feu depuis trois ans malgré la répression féroce que subissaient les Kurdes –, le pouvoir turc a demandé à ses alliés de l’OTAN de criminaliser ce parti. Les États-Unis se sont aussitôt exécutés ( faut-il rappeler qu’ils ont conservé Nelson Mandela et l’ANC sur la « liste noire » jusqu’en 2008, soit 17 ans après l’abolition de l’apartheid). Puis l’Union européenne a suivi. Cette mesure a eu des conséquences dramatiques pour des milliers de Kurdes : en Turquie bien sûr, où le pouvoir s’est senti légitimé dans sa répression antikurde ; mais aussi dans plusieurs pays de l’UE, où nombre de militants ou de sympathisants du PKK ont subi des violations graves de leurs droits et la répression.L’an dernier, à Paris 3 militantes kurdes ( que nous cotoyions dans les FSE) ont été assassinées par les sbires d’Erdogan. Face à l’offensive des (vrais) terroristes de Daesh, nous connaissons tous et toute la résistance héroïque des combattants et des combattantes du PKK ou d’organisations proches (PYD, YPG, YPJ) d’abord dans les monts Sinjar, en Irak, où ils ont permis de sauver 200 000 Kurdes yézidis abandonnés de tous, puis à Kobané, en Syrie, où ils constituent le seul rempart contre Daesh.

Le pouvoir turc a pris le parti de Daesh contre le PKK, au point de laisser tuer plus de 40 manifestants kurdes – dont nous connaissions certain-es, également) qui manifestaient pour demander une aide militaire pour Kobané. Et le pouvoir turc a laissé Daesh attaquer Kobané depuis le territoire turc. Il faut en finir avec l’hypocrisie, il est temps de sortir le PKK de cette liste, et envoyer un message de soutien au peuple kurde.


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