Intervention de Dominique Letourneux (SD 39) dans le débat général

mardi 9 février 2016  |  par  ÉÉ FSU  | 

Le positionnement PPCR, les atermoiements sur l’état d’urgence, la prise de position autour de l’appel fonction publique du 26 janvier inquiètent notre section départementale sur l’état de la FSU.

Après la modification du vote indicatif pour passer de 61 à 70 % sur le projet d’accord PPCR, et l’adoption d’un texte à 95% se prononçant pour construire une forte mobilisation sur les salaires, il n’a pas été possible de passer de 67% à 70% pour appeler à la grève salaires - Fonction publique le 26 janvier. Comment dans une SD soutenir activement la grève du 26 sur les salaires dans un secteur et en même temps soutenir activement la grève dans les collèges sans appeler à l’ensemble. Ce n’est plus de la souplesse c’est du contorsionnisme ou alors c’est de l’immobilisme. Et quand le 26 au matin, alors qu’on a fait notre travail de militant-es pour convaincre de la nécessité d’agir et que l’on entend parler de l’action CGT, FO, Solidaires sur les salaires ou de l’action dans les collèges, mais pas de la FSU, c’est quand même un peu rageant surtout vu le nombre de SN et de SD qui étaient dans l’action. Et pour une fois ce n’est pas la presse qui était en cause.

Construire la mobilisation aurait aussi permis de faire vivre le fédéral. Lors du bilan des paritaires, nous avons fait le constat du déficit de vision de la fédération pour les personnels. Cet épisode aurait dû permettre de montrer notre capacité à articuler les revendications sectorielles et fédérales bref à donner du corps à la FSU. Cela interroge aussi sur les textes action de la FSU qui intégrant la totalité des dossiers ne donnent pas un axe qui fasse synthèse sur lequel SN, SD peuvent construire ensemble et ne pas donner l’impression de l’immobilisme fédérale.

La construction de la mobilisation dans les collèges avec la grève du 26 est juste et nécessaire étant donné les conséquences de cette réforme sur tout le système éducatif (et d’ailleurs y compris dans les écoles et pourtant nous n’entendons pas la FSU). La construction du rapport de force sur les salaires et la FP l’est tout autant. Y-a-t-il contradiction entre les 2 ? Bien sûr que non ! La question était d’ailleurs incluse dans la plateforme CGT, FO, Solidaires qui nous a été soumise. Et c’est logique puisque ces trois organisations font partie aussi de l’intersyndicale qui exige l’abandon de la réforme du collège et l’ouverture de négociations. L’appel fonction publique aurait pu être pensé comme un atout supplémentaire. Alors que la mobilisation s’amplifiait dans la FSU avec 10 SN et 76 SD qui appelaient à la grève (et donc probablement plus de 70%), la direction de la FSU a choisi de persister à ne pas appeler à la grève le 26. Cela a affaibli le camp syndical. PPCR, positionnement sur l’état d’urgence, non appel au 26 janvier sont les signes inquiétants d’un syndicalisme qui œuvre à son propre affaiblissement. Les contorsions qui consistent à signer un accord tout en en dénonçant le contenu et à ne pas appeler à une grève légitime mais à la soutenir quand même achèvent de nous décrédibiliser.

Pour la première fois La FSU a choisi d’opposer une action sectorielle très légitime à une action fédérale tout autant légitime. Mais pour quelle raison ? Le refus de travailler avec Solidaires et la CGT ? Le refus de s’opposer vraiment à ce gouvernement libéral aux ordres du patronat ? La volonté de s’inscrire dans un syndicalisme de marge ?

Notre congrès doit permettre de faire le point sur ces dossiers, de retrouver le cap d’une FSU moteur d’un syndicalisme qui combatte cette société capitaliste, qui agisse pour un autre partage des richesses, pour une société de solidarité.

Merci de votre écoute et bon congrès


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