Ouverture du congrès par Catherine Le Gall (SD 72)

dimanche 7 février 2016  |  par  ÉÉ FSU  | 

C’est au nom de la section départementale, de la centaine de militantes et militants totalement mobilisé-es tout au long de la semaine pour faire de ce congrès un moment studieux mais aussi on l’espère, agréable et convivial, que j’ai le plaisir de vous souhaiter la bienvenue en Sarthe. C’est aussi avec beaucoup d’émotion et de gravité que notre section sarthoise accueille et ouvre ce 8ème congrès de notre fédération, dans un contexte inédit.

Les attentats qui ont frappé la France à deux reprises au cours de l’année 2015, ont meurtri, dévasté, endeuillé des familles, des ami-es, des proches qui resteront marqués à jamais. Il n’y a pas de mots pour dire l’inacceptable. Nos pensées les accompagnent. Beaucoup d’émotion et de gravité aussi pour ouvrir ce congrès, car notre pays et notre continent sont confrontés à une montée sans précédent, de mouvements populistes ou de droites extrêmes.

Leur idéologie nauséabonde, relayée complaisemment par les médias dominants, contamine parfois malheureusement, jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat. La fuite en avant sécuritaire et libérale comme seule réponse aux crises économiques sociales écologiques ou géopolitique, provoque désarroi, division et repli sur soi.

Alors, ça va mieux en le disant, en le répétant :

Contrairement au discours et aux politiques sécuritaires ambiants, le recul des libertés ou la suspension des droits ne se sont jamais traduits et ne se traduiront pas par plus de sécurité. Ils ouvrent en revanche la porte aux dérives autoritaires et légitiment tous les discours réactionnaires. Contrairement au discours libéral à la mode, les reculs sociaux et la liberté du renard dans le poulailler (selon la célèbre expression), n’ont jamais été synonymes de diminiution du chômage mais se traduisent toujours par plus d’inégalités et de misère.

Contrairement aux discours productivistes dominants, la recherche du profit et de la croissance maximum ne sont pas porteurs du bonheur futur de l’humanité mais conduisent à la destruction des écosystèmes humains et naturels.

La Sarthe notre département, à l’image de bien d’autres, traduit cette situation. Sur fond d’augmentation du chômage et de la précarité, de reculs des services publics, de difficultés scolaires persistantes particulièrement dans certains secteurs ruraux et urbains, de crise de la représentation démocratique, le vote du Front National a capté majoritairement la désespérance sociale. Nous connaissons les risques que représentent cette situation inédite. La déconnexion des puissants de ce monde, comme de beaucoup de gouvernants, avec la réalité quotidienne, nous octroie à nous mouvement syndical, à la place qui est la nôtre, une responsabilité encore plus importante.

Porter le pouvoir d’agir et de transformer, résister aux régressions, proposer des alternatives, c’est ce que nous devons inlassablement avoir à l’esprit c’est ce qui guidera, je n’en doute pas les travaux de ce congrès.

En pleine préparation du congrès, nous avons la semaine dernière, connu deux rendez-vous majeurs : la grève du 26 et les manifestations du 30 janvier. Sur des objectifs apparemment séparés, ces mobilisations se rejoignent fondamentalement dans la mesure où elles participent à l’expression, l’irruption diront certains, du réel sur la scène politique et sociale, C’est ce dont nous manquons le plus aujourd’hui.

Pour les militantes et les militants de notre section mais pour la FSU partout en France également, la défense des droits et libertés est totalement liée dans ses principes comme dans la réalité, à la défense des droits sociaux. Au moment où la confusion qui règne pourrait justifier chez certains et certaines la simple adaptation du mouvement syndical aux réponses induites par le néolibéralisme triomphant ou encore justifier les replis sécuritaires, xénophobes ou individualistes, notre responsabilité à nous FSU, est de travailler inlassablement aux convergences pour la défense des solidarités et de l’égalité, pour faire des biens communs et des besoins socialement utiles, l’objectif des politiques publiques.

C’est dans notre capacité à allier des pratiques syndicales au plus près des salarié-es, une construction revendicative portée par les personnels et des projets alternatifs, que nous redonnerons sens au collectif.
C’est cette démarche et ce projet que nous devons inlassablement proposer et construire, avec tous nos partenaires, syndicaux ou associatifs qui pensent qu’une transformation sociale est nécessaire et possible.
C’est le sens des réflexions et de l’activité que nous menons dans notre CDFD et dans notre section.
Ce 8ème congrès constitue un moment clé pour nous section d’accueil, sa préparation nous a permis de tisser plus de lien entre militantes et militants des différents syndicats nationaux, de faire vivre intensément le fédéral. Nous faisons le voeu, que plus largement ce congrès soit une étape importante pour notre fédération, aujourd’hui confrontée à une situation inédite sur les plans économique, écologique, social, démocratique.

Bon congrès à toutes et à tous.


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