Au SNEPAP, la pluridisciplinarité en question

dimanche 21 juin 2015  |  par  ÉÉ Revue  | 

Le SNEPAP-FSU se réunit en congrès national tous les deux ans.
Comme un clin d’oeil à notre Fédération, c’est dans la Sarthe, département qui accueillera le congrès fédéral de la FSU dans quelques mois, que les adhérents se sont retrouvés fin mars 2015.

Quelques mots sur le SNEPAP-FSU : créé en 1958, il s’est construit avec les anciens personnels socio-éducatifs de l’administration pénitentiaire, devenus depuis personnels pénitentiaires d’insertion et de probation, ultra minoritaires au sein d’une administration longtemps phagocytée par la gestion de ses établissements pénitentiaires, et une vision essentiellement sécuritaire de ses missions.

S’il est principalement implanté dans les Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation (SPIP), solide seconde organisation représentative des Conseillers Pénitentiaires d’Insertion et de Probation, première organisation du corps d’encadrement des SPIP, il syndique des personnels de surveillance, quelques personnels administratifs, et de nombreux psychologues.

Les missions de l’administration sont naturellement connues lorsqu’il est question de la garde des personnes détenues. Elles le sont beaucoup moins pour ce qui concerne la probation.
Qui sait que les SPIP travaillent avec plus de 250 000 personnes placées sous main de justice, dont 180 000 personnes exécutant une peine en milieu libre ?
Sait-on que derrière les quelques cas de récidive les plus médiatisés, plusieurs centaines de milliers de personnes tentent de retrouver une place dans notre société ?

C’est l’ouverture progressive, tant de l’administration pénitentiaire que de notre organisation, qui nous a conduit à placer la question de la pluridisciplinarité comme thème central de notre 28ème Congrès national.
Pour alimenter les débats, le SNEPAP-FSU avait invité des intervenants extérieurs, dont nos camarades du SNPES-PJJ/FSU, au fait de la question dans leur direction, et un officier de probation anglais.
Il a aussi su profiter de sa richesse interne, avec l’intervention de plusieurs camarades, tous corps confondus, en poste dans diverses structures pénitentiaires.

Conforter les missions d’insertion et de probation

Comment profiter de l’arrivée de nouveaux acteurs, avec la diversité des formations et des parcours ?
Comment mieux travailler ensemble, privilégier la synthèse à la juxtaposition d’avis, tout en respectant la parole et la spécificité des missions de chacun ?
Comment reconnaître la pleine compétence de l’ensemble des acteurs, sans aboutir à un glissement des tâches ?

Ces travaux ont conduit à la rédaction d’une motion, à l’enrichissement de notre plateforme revendicative sur de nombreux points.
Comme des revendications visant à conforter les missions d’insertion dévolues aux surveillants pénitentiaires, trop souvent cantonnés dans un rôle de garde et de sécurité statique. Comme celles visant à inscrire pleinement les psychologues pénitentiaires dans des équipes pluridisciplinaires.

Il a naturellement été fait un bilan de la loi du 15 août 2014 relative à l’individualisation des peines. Un texte longtemps attendu qui, s’il comporte des avancées, traduit, pour la politique pénale, les mêmes renoncements rencontrés sur le plan de la politique socio-économique.

Le SNEPAP-FSU a rappelé avec force sa volonté de voir la probation inscrite comme mission régalienne ; la volonté de déléguer l’exécution des peines à des structures de droit privé est forte.
Que nul ne se trompe. Le SNEPAP-FSU n’a de cesse de rappeler que toute la société, des collectivités territoriales aux structures associatives, en passant par les services de l’emploi et de la formation, doit s’impliquer dans l’accompagnement des personnes placées sous main de justice. Mais chacun dans son champ.
L’exécution d’une peine, avec toute les prérogatives exorbitantes du droit commun qu’elle suppose quant aux atteintes aux droits individuels, doit rester de la compétence de magistrats et d’un service de l’Etat.
Nous avons échappé de peu à un coup de force du Sénat en juillet 2014. Nul doute que le sujet reviendra après 2017.

Sur le plan statutaire, le SNEPAP-FSU est sorti de son Congrès avec un mandat fort : la reconnaissance politique, juridique de la filière insertion et probation et de ses missions doit désormais se traduire par une pleine reconnaissance statutaire.
Voilà sans aucun doute l’un des principaux chantiers du mandat 2015/2017. ●

Le bureau national
du SNEPAP-FSU


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