Retour du congrès du SNASUB

dimanche 21 juin 2015  |  par  ÉÉ Revue  | 

Ce congrès, tenu au mois de mai à Port Barcares, est intervenu après des élections professionnelles de décembre dernier où la FSU a régressé pour la première fois depuis sa création. Pourtant, le SNASUB-FSU a, dans son ensemble, maintenu ses positions et même continué de progresser dans certains secteurs.
Ces résultats sont importants au regard des grands bouleversements que le gouvernement met en œuvre pour la Fonction publique par ses différentes contre-réformes.

Les politiques d’austérité menées par les gouvernements successifs mettent en péril le modèle social hérité de la Libération, fondé sur la solidarité. Elles accroissent les inégalités et les divisions dans la société.

De plus en plus nombreux sont nos collègues confrontés à des difficultés matérielles : dégradation des conditions de vie, baisses constantes et répétées du pouvoir d’achat, recul global des droits sociaux (retraite, accès aux soins…).
Beaucoup comptent, dans leur entourage proche, des victimes du chômage de masse et de longue durée ou de la précarité.
Le SNASUB-FSU doit et aura à affronter des attaques concernant au premier chef notre champ de syndicalisation.

La réforme territoriale en question

La première est la réforme territoriale qui aura des conséquences sur les personnels dans leurs conditions de travail.
Le pouvoir impose les fusions sans réelle concertation, ni des citoyens ni des fonctionnaires impacté-e-s par celles-ci. Elles impliquent parfois une fusion d’académie (Besançon et Dijon ; Amiens et Lille ; Aix-Marseille et Nice ; Caen et Rouen) et les personnels administratifs des services déconcentrés sont les premiers concernés.
Les mutualisations et/ou restructurations de services suscitent déjà une forte inquiétude. Évidemment, personne n’est véritablement informé des choix et des décisions prises, seuls les cadres participent à des séminaires à huis clos.

Le SNASUB-FSU refuse ces fusions qui sont dictées par de pseudo-économies d’échelles. Nous combattons toute réorganisation de nos services publics qui n’aurait pas pour conséquence d’améliorer l’efficacité et la qualité du service rendu à l’usager.
En outre, les fusions isolent de plus en plus les EPLE de leurs services gestionnaires. Les personnels administratifs sont les grands oubliés des 60 000 postes pour l’éducation que F. Hollande avait promis durant son quinquennat.

La deuxième contre-réforme qui a bouleversé notre champ de syndicalisation est la LRU, suivie de la loi Fioraso qui l’a amplifiée pour casser l’Université française.
Dès 2008, le SNASUB-FSU n’a eu de cesse de les dénoncer et de les combattre. Les COMUE, véritables structures anti-démocratiques, laissent le loup entrer dans la bergerie : le MEDEF arrive en force dans les Conseils d’Administration, menace l’indépendance en matière de cartes de formations, de recherche, voire même de frais d’inscriptions.

La mise en place des communautés, fusions et autres associations n’ont pour seul effet que la mise en concurrence des universités entre elles.
Les conditions de travail des personnels BIATSS sont fragilisées : restructurations, mutualisations et fusions de services sont leur lot quotidien. Devant les inquiétudes grandissantes, le SNASUB-FSU doit organiser les mobilisations contre la mise en place des COMUE.

Des perspectives de croissance

Après le congrès de Loctudy en 2012, où le SNASUB-FSU s’était rassemblé, nous avons pu dépasser les situations de crise et de blocage antérieurs.
Celui de Port-Barcarès, du 18 au 22 mai 2015, a été le congrès du renouvellement des équipes militantes. En effet, un très grand nombre des délégué-e-s assistaient à leur premier congrès. Le Bureau national, ainsi que la Commission administrative nationale voient eux aussi l’arrivée de nombreux nouveaux membres.

Le SNASUB-FSU s’inscrit dans la perspective d’un syndicalisme majoritaire (il l’est déjà dans le secteur des bibliothèques).
Pour cela, il doit développer la syndicalisation. Il doit proposer des réponses plus efficaces aux situations de souffrance au travail, apporter soutien, assistance et conseil aux collègues qui y sont confrontés, promouvoir la solidarité contre toutes les divisions.
Il doit également développer un syndicalisme qui cherche en permanence à rassembler ses professions en offrant des perspectives d’alternatives sociales, économiques et environnementales.
Le SNASUB-FSU est une force de proposition alternative et de refus des discours des chantres de « TINA » [1]. ●

Christian VIÉRON-LEPOUTRE


[1] TINA = There is no alternative


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