PASOLINI d’Abel Ferrara

jeudi 19 mars 2015  |  par  ÉÉ Revue  | 

Fin 2014 est sorti en salles un film d’Abel Ferrara [1], Pasolini avec Willem Dafoe dans le rôle titre.

Près de 40 ans après la mort du célèbre écrivain-poète-cinéaste italien (mort assassiné dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975), un cinéaste italo-américain lui rend hommage en ne traitant que la dernière journée de sa vie.

Cet assassinat continue de hanter l’Italie. Déjà en 1995, Marco Tullio Giordana avait réalisé sur Pasolini, vingt ans après sa disparition, mort d’un poète, un film sur son assassinat.

Là, le point de vue est différent puisque l’on voit se dérouler, en une heure trente, toute la dernière journée de Pier Paolo Pasolini : repas de famille, différentes interviews, repas dans une trattoria avec Ninetto Davoli son acteur fétiche jusqu’à sa dernière virée sur cette plage à Ostie…

Un point peut paraître difficile au début c’est le fait que tout le monde parle italien sauf Willem Dafoe.
Cette difficulté s’estompe à mesure que l’on avance dans le film, tant l’acteur prend possession de son personnage jusqu’à la ressemblance physique.
L’autre grande idée du film est de faire jouer le rôle de Ninetto Davoli jeune par Riccardo Scarmaccio, alors que le vrai Ninetto Davoli intervient dans le film de Ferrara en jouant à un âge avancé des scènes d’un scénario que Pasolini n’avait pas eu le temps de tourner.
Enfin, Ferrara n’hésite pas non plus à introduire certaines scènes de Salo ou les 120 jours de Sodome.

Une partie de la critique a considèré que le film n’était pas assez politique. Cela est vrai et faux à la fois. Oui le film ne revient pas sur tous les combats de Pasolini mais sa force est de retracer sa dernière journée comme un documentaire sur sa vie.
Et dans les interviews reconstituées, sa pensée politique affleure, notamment face au journaliste de la Stampa.

Enfin, Ferrara semble pencher pour la thèse du crime crapuleux et homophobe, alors que les circonstances n’ont cependant pas toutes été élucidées et que certaines thèses penchent pour une exécution politique liée à la Mafia et/ou la loge P2 dans l’Italie des années de plomb. ●

Olivier Sillam


[1] Plus connu jusque là pour des films The King of New York (1990), Bad lieutenant (1992), Snake eyes (1993) ou encore Nos funérailles (1996).


Navigation par Thèmes