État d’urgence, le combattre

samedi 12 décembre 2015  |  par  École Émancipée  | 

Besançon, quartier de Planoise, lundi 7 décembre, 5 h 30…

Coups de bélier… Une porte fracassée.

Une quinzaine de robocops suréquipés accompagnés de deux chiens s’introduisent dans le logement où dorment 11 personnes, dont six enfants et une grand-mère…

Appartement retourné, poubelles vidées, le garage et la voiture visités.

Le stress, la peur.

Les enfants pleurent, cherchent à se cacher.

Une des mamans s’évanouit, est conduite à l’hôpital.

Une heure de temps…

Selon l’office HLM de la ville, un devis pour 60 portes à réparer a été établi. La préfecture indemnise…

Un exemple de la réalité de nombreuses familles sur le territoire français, conséquence de l’état d’urgence.

Oui, parmi d’autres mesures, l’état d’urgence autorise les perquisitions en dehors de tout cadre juridique.
C’est l’abandon de l’état de droit et de la séparation des pouvoirs.
État d’urgence… Perquisitions, assignations à résidence, interdictions de se rassembler ou de manifester, … A quand l’internement des fichés « S » ?
État d’urgence… Prolongation, constitutionnalisation.
Libertés menacées. Porte ouverte à l’arbitraire.

Après la défaite idéologique et les reculs sur nombre de terrains ces dernières années, (politiques d’austérité, retraites, accueil des migrants, travail du dimanche, interventions militaires de la France,…) ce sont les libertés qui sont mises en cause, les mesures sécuritaires qui prennent le pas sur le droit…
Avec quels objectifs pour celles et ceux qui sont aux manettes ? Au-delà de la lutte contre la menace terroriste, empêcher la contestation ? Renforcer l’inquiétude de la population ?
Pourquoi prolonger l’état d’urgence de trois mois, pourquoi interdire des manifestations « jusqu’à nouvel ordre » (alors que ce n’est pas le cas pour des rassemblements « commerciaux » ou sportifs…), si ce n’est reprendre et surenchérir à des propositions qui étaient l’apanage de la droite et de l’extrême droite ?
Penser qu’il y aurait un usage éclairé des mesures d’urgence, que le pouvoir ne s’en servira qu’à bon escient - entendre seulement dans la lutte contre le terrorisme – sans que cela touche les droits et libertés de l’ensemble des citoyens, c’est faire preuve d’un grand optimisme !

Ajoutons-y les résultats de l’extrême-droite et la coupe est pleine.
Décidément la politique Valls/Hollande aura bien alimenté à la fois l’abstention et le renforcement des thèses les plus réactionnaires.
C’est pourquoi nous devons être opposé-es à la prolongation de l’état d’urgence comme à sa « constitutionnalisation ».

Il nous faut être partie prenante des initiatives unitaires portant cette appréciation de la politique du gouvernement.
Et s’il y a urgence, c’est bien à propos du climat et du social,…


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