Pas d’austérité partout...

mardi 26 mai 2015  |  par  ÉÉ Revue  | 

Reprise disent-ils… Frémissement serait-on tenté de corriger… Un petit +0,6 % au premier trimestre 2015 mais un cortège de plans sociaux : Mory Global, Intermarché, GEFCO, Radio France, Renault Trucks, Areva, Total, La Halle, Vallourec, Schlumberger, Siemens…. du « lourd » auquel il faut ajouter 18 000 PME déclarées en faillite dans la même période !

La crise sociale est toujours là et la politique de l’offre du gouvernement ne fait que l’aggraver. Malgré les milliards de cadeaux du Pacte de responsabilité et du CICE, les investissements et l’emploi ne progressent pas. Les dividendes des actionnaires, comme les rémunérations des dirigeants, si. Hollande, en échec sur le plan intérieur, essaye de jouer l’extérieur. Il aime prendre la pose du « chef de guerre ». Le déclenchement de l’intervention militaire au Mali contre les groupes terroristes qu’il prétendait « détruire » avait été « le jour le plus important de sa vie ». La France intervient militairement aussi en Centrafrique (avec les découvertes sur son comportement), au Liban, dans le golfe d’Aden, celui de Guinée, en Irak… Ainsi, l’enveloppe des OPEX (« opérations extérieures ») a plus que doublé. Au lieu des 450 millions prévus en 2014, le coût budgétaire s’est élevé à 1,13 milliard d’euros. Rajouté aux missions de protection dévolues à l’armée contre le « terrorisme », cela conduit à une augmentation de 3,8 milliards d’euros de la loi de programmation militaire pour la période 2014-2020. Là, il n’y a pas d’austérité ! Alors que la moyenne européenne des dépenses militaires est à 1,7 % du PIB, celles de la France se situent à 2,6 %, c’est le second budget de la Nation.

Chef de guerre et vendeur d’armes, voilà l’essentiel de l’activité du Président « normal » ces derniers temps. Sa dernière visite dans les pays du Golfe est révélatrice : la vente de 24 avions Rafales signée avec le Qatar (après les ventes engagées avec l’Égypte, l’Inde et peut être demain les Émirats Arabes Unis) en est l’aspect le plus médiatique. En Arabie Saoudite, plusieurs milliards d’euros à travers 20 contrats globaux sont en jeu (notamment dans le nucléaire, l’armement, la santé, les transports…). À son activisme militaire et économique, François Hollande peut ajouter un succès diplomatique avec sa participation – inédite pour un chef d’État non membre – à la réunion du Conseil de Coopération des États Arabes du Golfe.

En renforçant ses alliances avec les monarchies du Golfe et en contribuant à la militarisation massive de la région, la politique de l’État français s’engage dans une logique lourde de crises et de conflits que personne ne peut prévoir, ni maîtriser. Elle alimente la rivalité entre les régimes saoudiens et iraniens, qui ont en commun la crainte qu’ils inspirent à leurs peuples dont les droits démocratiques et sociaux sont bafoués.

Cette politique impérialiste paraît en France aujourd’hui être incontestée et ne pas même faire l’objet de débat. Mais le soutien aux régimes rétrogrades, totalement à l’opposé des aspirations à la démocratie et à la justice sociale que les révolutions arabes ont exprimées, a un prix qui finit toujours par se payer. Il est plus que jamais nécessaire de montrer qu’une autre politique étrangère de la France est possible. Le point de départ en serait le respect des droits des peuples à décider de leur avenir et le refus du soutien aux interventions militaires qui alimentent de nouvelles crises. ●

Laurent Zappi


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