Adrien Martinez : l’optimisme des mobilisations sur l’Education Prioritaire

vendredi 16 janvier 2015  |  par  ÉÉ-SNUipp  | 

Ce n’est pas pour des raisons thérapeutiques que je vais tenter une intervention marquée d’optimisme dans ce CN. Non. Ce serait plutôt pour, partant de l’expérience récente, tracer le chemin du syndicalisme que nous devons proposer à la profession dans la période.

L’optimisme est à chercher dans les mobilisations sur l’Education Prioritaire qui ont démarré il y a maintenant près de deux mois et dans lesquelles des militants du snuipp, du snes, de la fsu ont pris toute leur place.

Tout d’abord parce qu’elles ont été marqué d’un fort niveau de mobilisations, y compris par la grève, dans les secteurs concernés. Les pourcentages de grévistes ont été colossaux. Les 90 % ont souvent été dépassés. Ensuite parce que le mouvement a su s’inscrire dans la durée. Certains secteurs ont fait le choix de la grève reconductible. D’autres ont alterné grèves perlées et mobilisations les WE où le mercredi. Il y a eu des occupations d’écoles.

Enfin parce la jonction avec les parents a été faite. Les AG ont été nombreuses, régulières, avec une forte participation et ont démontré la capacité des collègues à construire pas à pas une mobilisation. À construire un discours sur l’école. Sur l’ambition qu’ils ne voulaient pas lâcher. Et sur la situation dans laquelle ils se trouvaient, concrètement, localement.

Il nous faut être attentif à cela. Car ces mobilisations, c’est le réel qui surgit et qui nous dit dans quel état est la profession, ce qu’elle est capable de porter, ce qui la porte.
C’est affaire de discours. C’est aussi affaire de pratiques. C’est enfin affaire de lucidité.

Le discours des REP en lutte est marqué d’une ambition forte pour le service public d’Education. Il ne lâche pas la lutte contre les inégalités scolaires, bien au contraire, il remplit cette formule d’exigences. Exigences en terme de moyens. Exigence en terme de conditions de travail. Exigences qui rendent concrètes, palpables le discours sur la transformation de l’école.
Les pratiques militantes se sont ancrés localement et ont permis que ce discours soit partagé. Rencontre avec les parents, AG… Des collectifs sont nés. Des collectifs agissant, qui ont su élaboré leur rythme de mobilisation, qui ont articulé actions les plus locales et initiatives aux échelles départementale ou nationale.

Et affaire de lucidité je disais. Car ce qui a volé en éclat grâce à ces mobilisations, c’est le discours du ministère tentant de cacher par des formules son absence d’ambition pour les REP. On n’a pas d’ambition pour l’éducation prioritaire quand on ne remet pas en cause le cadre budgétaire contraint. On ne prend pas au sérieux la lutte contre les inégalités scolaires quand on redéploie. Quand on sort des réseaux de la labellisation REP, dans un contexte de dégradation des conditions de vie des populations.

Alors c’est sûrement à tout cela qu’il nous faut nous atteler. Tenir un discours sur une transformation émancipatrice de l’école nourrie d’exigences concrètes . Travailler localement, pour que ce discours soit le discours de toutes et tous. Et être lucide sur ce que fait le gouvernement, démystifier ses propos. Pour pouvoir faire avec toute la profession et avec les parents ce que les secteurs de REP mobilisés ont réussi autour d’eux.


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