« Live in Paris »

lundi 30 juin 2014  |  par  ÉÉ Revue  | 

Une nouvelle collection est née, « Live in Paris », qui reprend les grands concerts de jazz des années 1960, années rouges et noires marquées par la guerre d’Algérie mais aussi par cette révolution esthétique du jazz et du cinéma.

Paris reste, à cette époque, une des capitales du jazz.
Le label Body and Soul de Gilles Pétard – initiateur de « Classics », collection disparue – les accueille de nouveau. En compagnie de Michel Brillié, ancien assistant de Daniel Filipacchi et Franck Ténot pour l’organisation de ces concerts à l’Olympia, intitulés, comme l’émission sur Europe 1, « Pour ceux qui aiment le jazz ».
Ils dirigent la collection abritée chez Frémeaux et associés. Les deux premiers opus raviront les amateurs. L’intégrale des concerts de Miles Davis, le premier avec John Coltrane le 21 mars 1960 et le deuxième avec le saxophoniste bebop Sonny Stitt, le 11 octobre de cette même année.

Les différences sont notables. Miles est tendu avec Coltrane. Le saxophoniste s’émancipe et a annoncé au chef qu’il quittait le groupe. La mauvaise humeur de Miles est perceptible.
Il laisse le champ libre à Coltrane. Avec Sonny Stitt, le trompettiste est plus décontracté. Il sait que ce n’est pas le bon choix et cherche un saxophoniste capable de lui faire oublier Coltrane. Il le trouvera en la personne de Wayne Shorter imposé par la nouvelle équipe dont il s’est entouré Herbie Hancock, Ron Carter et le génie de la batterie Tony Williams.
Pour l’heure, c’est Wynton Kelly au piano, Paul Chambers à la contrebasse et Jimmy Cobb à la batterie. Intéressant de comparer leur manière de jouer lors du changement de saxophoniste.
Il faut rappeler que Tréma les avait déjà publiés en 1994 et que Delta Music (Laserlight, un label allemand) les avait réédités en 2002, pas toujours avec l’accord des intéressés.
Le deuxième opus est moins connu. Quincy Jones est à Paris dans cette fin des années 1950. Il est en rade après avoir constitué un grand orchestre. Il cherche des engagements. Il fait appel à Filipacchi et Ténot.

C’est ainsi qu’il se retrouve à l’Olympia. Un orchestre soudé, constitué de grands solistes comme la pianiste Patti Bown, la tromboniste Melba Liston, le trompettiste Clark Terry, le saxophoniste alto Phil Woods, le tromboniste James Cleveland avec des arrangeurs superbes comme le chef lui-même ou Al Cohn. Bref, la crème de la crème.
Les enregistrements réunis dans ce coffret de deux CD ont été réalisés soit à l’Olympia – une première publication sur le label de Quincy, Q record, a existé – soit au studio Barclay. Indispensable. N.B. « Miles Davis, 21 mars/11 octobre 1960 », coffret de 4 CD ; « Quincy Jones, 5-7-9 mars/19 avril 1960 », coffret de 2 CD ; « Live in Paris.
La collection des grands concerts parisiens dirigée par Gilles Pétard et Michel Brillié », Frémeaux et associés. ●


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