TINA for ever ?(*)

samedi 17 mai 2014  |  par  ÉÉ Revue  | 

Les éditos semblent rabâcher toujours les mêmes constatations désespérantes sur le monde comme il va (mal !), la paralysie et la division du mouvement syndical face au rouleau compresseur du capitalisme, son atonie sous le gouvernement de droite le plus à gauche de la Vème République, et, plus généralement, l’insuffisance de perspectives politiques pour tuer TINA [1], si chère à Margaret Thatcher et ses indignes héritiers ?

Abandonné hors des urnes par ceux qui ont fait son élection, Hollande interprète : barre à droite plus fort ! Avec Valls à la manœuvre, ce cap est garanti.
Le pacte dit « de responsabilité » lancé par le premier en guise de vœux pour la nouvelle année, et dont le second dessine actuellement les contours, confirme ce que l’on pouvait prédire dès son annonce : les services publics et la Sécurité sociale seront au premier rang pour fournir les économies annoncées, au profit de la « compétitivité des entreprises françaises », dont les vrais bénéficiaires seront probablement plus les grands actionnaires que les salarié-es « de base »…
Le dossier de ce numéro consacré à l’Europe confirment que cette politique se joue sous le joug européen. Sombre tableau sur toile de fond de conflits potentiels ou en cours, dont l’issue pacifique semble s’éloigner de jour en jour, tant les enjeux de pouvoir économique et politique amènent à négliger l’inestimable valeur des vies humaines.

Potentiel de mobilisation ?

Alors, puisqu’il s’agit pour le mouvement syndical de reprendre un peu la main en obtenant des victoires ici ou là, afin d’obtenir des améliorations sociales et de redonner de l’espoir, tentons un commentaire de l’actualité dans ce domaine.
Faut-il voir une lueur d’espoir dans cette abstention de 41 députés socialistes qui n’ont pas voulu voter en faveur du plan d’économies proposé par Valls pour mettre en œuvre le si mal nommé pacte de responsabilité ?
Comment mettre à profit ce que les media présentent comme un vent de fronde au PS et une fragilisation gouvernementale, pour obtenir des inflexions de la politique en faveur des salarié-es et plus généralement des citoyen-nes qui ne possèdent pas un gros portefeuille d’actions ?

Dans l’actualité récente, la mobilisation interprofessionnelle du 18 mars contre l’austérité et le pacte de responsabilité, à laquelle ne participaient ni la CFDT, ni l’UNSA, n’a pas été suffisante, même si ça aurait pu être pire…
Il reste donc un potentiel de mobilisations dont nous devons encore beaucoup travailler les ressorts. Après les annonces de gel supplémentaire du point d’indice pour 3 ans, qui se traduira dans les faits par une perte des salaires et pensions de près de 10 % en 2017, l’appel à mobilisation dans la Fonction publique pour les rémunérations et l’emploi du 15 mai, auquel s’associent cette fois la CFDT et l’UNSA, est un test de la volonté de réagir des agents publics.
Quel que soit le résultat en terme de mobilisation de cette journée, il restera nécessaire de réfléchir aux indispensables suites à lui donner, et aux formes d’action à envisager.
Le 15 mai ne peut être pour solde de tout compte, mais au contraire le point de départ d’une lutte pour des augmentations de salaires.

L’arc intersyndical le plus large possible aboutissant au plus petit dénominateur commun en terme de plate-forme revendicative est-il le seul moyen actuel de pousser les salariés à se mobiliser ?
Des initiatives comme celle du 12 avril, associant syndicats, associations et partis politiques sont-elles à reproduire ou bien sont-elles problématiques pour l’indépendance syndicale comme on a pu l’entendre au sein de la FSU ?

Les journées de l’ÉÉ seront la prochaine occasion de discuter de tout cela, et de bien d’autres, le plus largement possible, et dans des conditions agréables. N’oubliez pas de vous y inscrire !

Claire Bornais


[1] * TINA : « There is not alternative »


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