Deux papas et un bébé

vendredi 4 avril 2014  |  par  ÉÉ Revue  | 

Dans le célèbre Central Park de New York se trouve un zoo où l’on peut voir en famille toutes sortes d’animaux qui eux aussi vivent en famille. On peut y voir notamment des manchots qui ont la particularité de former, à certains moments de l’année, des couples.
C’est le cas de Roy et Silo qui sont inséparables depuis longtemps et qui, comme les autres couples de manchots, se construisent un nid de pierre sur lequel ils dorment. Mais quand les autres couples commencent à avoir un œuf à couver puis un bébé manchot dont il faut s’occuper, le nid de Roy et Silo reste désespérément vide.

C’est que Roy et Silo sont des mâles contrairement aux autres couples de manchots qui sont ordinairement mixtes.
Le soigneur des manchots finit par leur apporter un œuf abandonné. Aussitôt Roy et Silo le couvent à tour de rôle jusqu’à ce que naisse un nouveau bébé manchot appelé Tango par le soigneur « parce qu’un tango, ça se danse à deux ». La suite est ordinaire tant on n’arrive pas à distinguer la famille formée par Tango et ses deux papas des autres familles de manchots.

Cette histoire a la particularité d’être une histoire vraie. Les noms des manchots sont vraiment ceux qu’on leur a attribués au zoo de Central Park où ils ont été observés, leur soigneur apparaît dans l’album sous son vrai nom.
En France Tango est déjà célèbre grâce à un autre album jeunesse publié en 2010 par Béatrice Boutignon [1] qui a fait l’objet de pressions récentes pour être retiré de certaines bibliothèques.
L’album publié par les éditions Rue du Monde lui préexiste. Publié aux Etats-Unis en 2005, il est celui par lequel le scandale est arrivé. On comprend bien pourquoi.
L’histoire de Roy et Silo tord le cou à l’idée aussi stupide que courante que l’homosexualité n’est pas « naturelle ». Le fait est que l’homosexualité s’observe aussi parmi les animaux et même l’homoparentalité !

L’histoire racontée par Justin Richardson et Peter Parnell est très claire. L’impossibilité pour les deux manchots d’avoir un œuf à eux est très bien explicitée.
L’oeuf qu’ils finissent par couver leur a été confié et ne provient pas biologiquement d’eux. Cela ne les empêche pas de s’occuper normalement du bébé manchot qui en sera issu. La parentalité de Roy et Silo vient donc combler un manque.
Très bien servi par les illustrations limpides d’Henry Cole, cet album peut être lu dès le cycle 1. ●

Stéphane Moulain

Justin Richardson, Peter Parnell et Henry Cole,
Et avec Tango, nous voilà trois !, Rue du Monde, 17 euros.


[1] Béatrice Boutignon, Tango a deux papas et pourquoi pas ?, Le Baron perché, 2010.


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