Assise, concertation, dialogue social … Ils nous prennent pour des pions !

mardi 8 octobre 2013  | 

Depuis que le PS est au pouvoir, c’est la valse des négociations ou autres concertations … Ça a été le cas pour l’Accord National Interprofessionnel, pour la contre-réforme des retraites … On a vu ce que ça a donné !

Désormais c’est au tour des personnels de l’Éducation Nationale, à qui on demande de jouer les bouffons de Peillon : le ministère organise des « assises sur l’Éducation Prioritaire » : dans chaque établissement ECLAIR ou RRS aura lieu une demi-journée banalisée, pour que « tous les acteurs de l’Éducation prioritaire puissent s’approprier le diagnostic déjà établi, et le commenter ».

Bien évidemment, « l’ensemble des personnels » est invité à cette demi-journée pour s’exprimer librement, sauf que … les personnels Atos ne sont pas conviés… la synthèse du rapport de diagnostic qui doit servir de base de travail lors de la demi-journée banalisée, est viciée dès le départ. Dès la première ligne suinte la logique libérale, qui ne voit dans l’école qu’une machine à discriminer les élèves en fonction des marchés de l’emploi et de leur classe sociale : Cela commence par un « constat » (objectif et étayé bien sûr !) : les politiques d’Éducation Prioritaire sont inefficaces. Même technique que pour le collège unique : ne pas mettre les moyens nécessaires (politiques, sociaux, humains et matériels) et conclure que ça ne fonctionne pas !

A cela est immédiatement ajouté le « surcoût » (avec chiffres à la clef) de l’EP, et la petite phrase anodine : « La réduction du nombre d’élèves par classe ne semble pas produire un effet positif notable ». Voilà, c’est dit : désormais toutes les classes seront surchargées, même dans les établissements recouvrant les plus fortes difficultés !

A cette première diminution budgétaire (touchant les établissements encore classés en zone EP), s’ajoute une économie encore plus drastique, puisque c’est simplement le remaniement complet de la carte de l’EP qui est en jeu. Selon le document ministériel, « on trouve encore des établissements plus favorisés que la moyenne nationale » ! Du jour au lendemain, ces établissements se retrouveront sans aucun label, ni aide …

Après une telle introduction, il est très facile de présenter une par une toutes les mesures régressives, sous le manteau depuis longtemps :

  • une éducation à deux vitesses, avec les établissements de centre-ville qui formeront les élèves vers des études longues et ceux classés en zone EP, qui n’auront comme seule ambition que le minimum, le socle commun (école du socle)
  • la casse des missions et statuts des personnels : des expressions comme « une plus grande souplesse d’utilisation des horaires », « des professeurs motivés et efficaces » (des méritants ?), « le travail transdisciplinaire » (polyvalence ?), « les organisations adaptées » (à quoi, à qui ?) ou « la mise en œuvre de groupes de besoins homogènes et provisoires » (provisoires ?) créent la plus grande inquiétude quant à la manière d’envisager le statut des enseignants …
  • « un principe de contractualisation avec les établissements » ouvre grand la porte à l’autonomie des établissements et à la plus farouche des concurrences entre eux (l’origine même des grandes inégalités scolaires). Tout ça complété par des références à des « partenaires » extérieurs ou à « des efforts locaux ». La loi de décentralisation achèvera la contre-réforme en beauté !

Face à de telles attaques contre les populations les plus fragiles, c’est à nous, personnels qui travaillons depuis des années dans les quartiers populaires, de nous opposer frontalement à une telle logique. C’est à nous de rappeler les missions de service public d’éducation : les mêmes enseignements, les mêmes ambitions dans tous les quartiers, dans toutes les régions ! Une véritable politique d’EP doit avoir comme priorité de surmonter les inégalités sociales et économiques, dont sont victimes les enfants des quartiers populaires. Et ça, c’est la première chose que nos directions syndicales doivent affirmer au ministre, plutôt que de laisser des enseignants démunis, dans leurs établissements respectifs face à des diagnostics ou des enquêtes pipés d’avance !


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