Le syndicalisme, c’est tendance !

vendredi 13 septembre 2013  |  par  ÉÉ-SNUipp  | 

Originalité dans le syndicalisme français, le fonctionnement de la FSU et du SNUipp en tendances n’est pas une coquetterie ni même un simple vestige du passé… L’organisation en tendances correspond à une volonté de faire vivre un pluralisme interne et participe d’une conception démocratique de la vie du syndicat. Corolaire de ce fonctionnement en tendances : la « synthèse », qui assure une prise en compte des diverses orientations internes dans l’élaboration des mandats. Pour l’Ecole Emancipée, le choix du SNUipp dans la FSU est aussi celui d’un syndicalisme de masse et unitaire. Plutôt que d’opter pour une énième organisation syndicale, rajoutant à la division syndicale, l’Ecole Emancipée a choisi de porter des orientations différentes dans le débat interne et de contribuer au développement d’un outil à vocation majoritaire dont les mandats visent « la réunification du mouvement syndical dans une centrale organisée démocratiquement et indépendante de tous les gouvernements et de toutes les organisations politiques, philosophiques ou religieuses » (article 4 des statuts fédéraux)

Un syndicalisme réellement démocratique

Synthèse et tendances constituent un héritage de la FEN qui avait appuyé son organisation démocratique sur les courants de pensée (ou tendances) pour résister aux tentations de division syndicale. Mais au fil du temps, suite notamment au refus du pluralisme au sein des exécutifs, la tendance majoritaire imposait son orientation et participait seule aux instances dirigeantes. Ce fonctionnement a conduit à la scission de 1993 et à la création de la FSU et du SNUipp qui ont conservé ces principes avec la volonté de ne pas reproduire ces dérives. Un syndicalisme démocratique implique que le syndicat appartienne à tous ses membres. Dans le cadre d’un syndicalisme de masse, la place de chacun et de tous les personnels doit être garantie, en termes d’adhésion bien sûr, mais aussi dans la prise en compte de son point de vue. La synthèse est le résultat d’un travail collectif de réflexion et d’échange avec une volonté de faire se rencontrer les différentes orientations. Elle ne peut être assimilée à une seule orientation, même majoritaire, mais s’appuie sur l’existence préalable et continue de véritables débats d’orientation.

La synthèse : une élaboration dialectique

La synthèse n’est pas un consensus qui consisterait à intégrer tout et son contraire dans des mandats pour contenter chaque tendance. Le principe de la synthèse repose sur une conception dialectique du débat interne dans lequel des positions divergentes s’expriment avec la volonté d’aboutir à des revendications que chacun-e peut porter au sein de son syndicat. La synthèse est donc une réponse originale permettant une résolution de contradictions entre orientations différentes. Par exemple, lors du congrès de St Malo, un amendement demandant l’élargissement du ratio de la hors classe – que l’Ecole Emancipée combattait – a obtenu une courte majorité. Une formulation de synthèse actant la hausse du ratio proposée par le ministère a permis de trouver un point d’accord de la quasi-totalité du congrès. Les revendications du SNUipp se bornent ainsi à la seule refonte de la grille indiciaire dans les négociations à venir… A l’inverse, un amendement pour la suppression des APC - soutenu par l’Ecole Emancipée – a obtenu la majorité des voix. Cependant, et même si l’Ecole Emancipée revendique la suppression des APC, il s’agissait de trouver une position qui puisse être portée par l’ensemble du syndicat. La proposition de synthèse demande de « revoir complètement les modalités actuelles d’organisation des APC ».

Construire un syndicalisme majoritaire et offensif

Si la synthèse n’est pas toujours satisfaisante, elle permet une appropriation générale grâce au travail de conviction, de formation, et d’information dans le milieu. La rencontre de la profession (AG, RIS…) est donc pour nous essentielle. Pour l’Ecole Emancipée, construire un syndicalisme de masse suppose qu’il soit unitaire. Et cela n’est possible que si s’y retrouve la diversité des points de vue traversant le milieu.
Le fonctionnement en tendance constitue cette réponse originale qui appartient au SNUipp et à la FSU. Elle fonde notre identité syndicale. Pour l’Ecole Emancipée, il est fondamental de la préserver et de la faire respecter. En juin, le congrès de St Malo a poussé pour que le SNUipp-FSU se dote de mandats offensifs que l’Ecole Emancipée a pleinement contribué à construire. Le vote d’orientation doit maintenant renforcer cette orientation et cette détermination.

Votez et faites voter pour le syndicalisme que porte l’Ecole Emancipée !


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