On ne s’en fiche pas !

vendredi 18 mai 2012  |  par  ÉÉ Revue  | 

L’informatique et les réseaux sont massivement présents dans nos vies. Ces innovations technologiques sont nées sous le double signe de l’exploitation et de l’oppression, mais aussi de l’utopie d’une libération. Le capitalisme y a trouvé, entre autres, un sursaut de son taux de profit au travers des processus de travail, de la production de nouvelles marchandises ainsi qu’un outil pour la mondialisation des flux financiers. Les grands groupes industriels du secteur, outre les profits escomptés, ont su transmettre très tôt leur expertise pour le contrôle social jusqu’à la complicité avec les systèmes totalitaires (voir IBM et sa collaboration avec le régime nazi). Mais, parallèlement, la micro informatique et l’internet (dont les débuts sont pourtant militaires !) ont été les vecteurs d’une culture du partage des connaissances et d’idéologies progressistes. Les enjeux du développement de ces outils nous concernent, comme salariés, alors que notre travail s’en trouve profondément modifié. Censés supprimer de nombreuses tâches d’exécution, ces innovations permettent, dans les faits, les suppressions de postes, l’intensification ou la dégradation du travail mais aussi la traçabilité des individus ou des groupes sociaux. Dans le même temps, Internet est de plus en plus soumis aux diktats des lois du marché et des pressions étatiques. Ce dossier fait un état des lieux dans quelques secteurs et aborde des aspects de ces multiples résistances à ce nouveau « Big brother » : citoyens, enseignants, travailleurs sociaux et usagers d’internet. D’origines syndicales, associatives ou politiques, de base élèves à l’Acta en passant par la carte biométrique, les combats ne manquent pas ! Souvent minoritaires au départ, ils font néanmoins bouger des choses. Sauf à se résigner à une société d’exploitation et de surveillance, ces questions nécessitent donc plus qu’une vigilance militante.


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