Comme en Grèce ou au Québec

jeudi 31 mai 2012  | 

Depuis plus de 3 mois, les étudiant-e-s du Québec sont massivement en grève contre la hausse de 75 % des frais d’inscription. Face à cette lutte unitaire et déterminée, la réponse du gouvernement a été de stopper les cours, puis de criminaliser le mouvement étudiant en mettant en place une loi limitant la liberté de manifester et le droit de grève. La solidarité des salarié-e-s du Québec avec le mouvement étudiant est réelle : manifestations , soutien des syndicats… la population entière se sent concernée par cette hausse des frais d’inscription qui oblige les étudiant-e-s, et surtout ceux et celles des classes populaires à renoncer aux études supérieures ou à s’endetter pour y faire face.

Dans les pays les plus touchés par la crise et soumis aux plans d’austérité, les attaques contre l’enseignement supérieur et la hausse des frais d’inscription se sont multipliées, comme en Italie, en Grèce, en Espagne… La marchandisation de l’éducation est partie prenante des logiques libérales, et la privatisation de l’université est une des mesures de réduction des dépenses publiques.

En France, le nouveau ministre de l’éducation nationale a déjà annoncé des mesures qui semblent montrer un changement de politique éducative : suppression du décret sur l’évaluation des enseignants, rétablissement de 1000 postes dans le premier degré, non remontée des résultats des évaluations CE1 et CM2… Ce sont des signaux non négligeables, mais ces mesures restent d’ordre symbolique et comme le gouvernement refuse de poser la question de l’annulation de la dette, les services publics risquent de subir des mesures d’austérité ! La nouvelle assemblée nationale devra voter un collectif budgétaire, et les mesures d’urgence à mettre en place dès la rentrée doivent être d’un autre ordre, et concerner l’ensemble du système éducatif : titularisation de tous les précaires en poste dans l’éducation, décharge conséquente de service pour les stagiaires, gages de réel changement de paradigme pour la nouvelle loi d’orientation.

Et comme en Grèce ou au Québec, nous devons être prêts à nous mobiliser pour imposer d’autres choix, et défendre le service public !

Équipe responsable ÉÉ

Image (Affiche du rassemblement du 9 avril au Québec, bloquonslahausse.com. Licence Creative Commons Paternité)


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