Après le Congrès du SNES : Votez École Émancipée !

vendredi 11 mai 2012  |  par  ÉÉ-SNES  | 

Enfin, ces cinq années de présidence de Sarkozy viennent de prendre fin le 6 mai dernier. Cinq années marquées par la mise en place de la politique la plus réactionnaire que la France ait connue depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Cinq années de reculs sociaux et démocratiques sans précédent.

De Fouquet’s en Rolex, du Latran à Grenoble, nous avons dû faire face au pouvoir d’une droite ultra-libérale totalement décomplexée qui a pu appliquer, au moins en partie, cette « thérapie du choc » chère à l’Ecole de Chicago et déjà éprouvée dans de nombreux pays. « Réforme » des retraites, stigmatisation des immigrés, attaques répétées contre les services publics en général et l’Education en particulier, cadeaux fiscaux aux plus riches … on pourrait multiplier les exemples de cette véritable guerre sociale que Sarkozy, Fillon et leurs accolytes ont mené durant ce quinquennat.
Pour le terminer en s’accaparant franchement les thèmes les plus nauséabonds de l’extrême droite, exaltant la « France éternelle » et le « Vrai travail ».
Sarkozy voulait « siphonner » les voix du Front National, il n’a fait qu’ingurgiter son idéologie ! Se débarrasser de ce pouvoir était une exigence démocratique : c’est fait !

C’est fait, mais tout reste à faire. La satisfaction d’avoir chassé la droite ne doit évidemment pas nous amener à nous bercer d’illusions sur le nouveau pouvoir incamé par François Hollande. Tout d’abord parce qu’il faut attendre le résultat des élections législatives pour savoir quelle sera la marge de manoeuvre de la majorité à venir et comment sera constituée l’opposition.
Mais aussi, et surtout, parce que nous savons bien que le programme du nouveau président est souvent très éloigné de la véritable rupture politique et sociale qu’il conviendrait de mettre en oeuvre.
Dette, retraites, fiscalité, nucléaire, services publics, il n’est pas nécessaire de faire une liste exhaustive des questions qui se posent aujourd’hui pour se rendre compte du travail qui est devant nous. L’arrivée de la Gauche au pouvoir a souvent été une condition nécessaire à l’obtention de nouveaux droits et à une meilleure répartition des richesses, elle n’a jamais été suffisante.

A cet égard, la responsabilité du mouvement syndical est aujourd’hui immense.
Oui, nous allons devoir continuer à nous mobiliser et à convaincre autour de nous pour obtenir de réelles transformations. L’Etat de crise dans lequel nous a plongé le système capitaliste et sa fuite en avant, ne pourra trouver de solution dans des aménagements à la marge : c’est bien d’une véritable refondation de notre société dont nous avons besoin. Refondation sur les principes de l’intérêt collectif, de la solidarité, de la démocratie. Si nous n’y parvenons pas, c’est ouvrir encore plus grand la porte à l’extrême droite.

Cette refondation ne pourra se faire que grâce à un service public d’éducation fort et réellement au service de tous les élèves, de leurs familles et des personnels. A cet égard, si l’objectif d’obtenir rapidement un plan d’urgence dans le cadre d’un collectif budgétaire est légitime, la volonté du Snes d’envisager des « Etats Généraux » limités au seul second degré est à notre sens une erreur : c’est bien l’ensemble du système éducatif, de la maternelle à l’université qu’il s’agit de reconstruire, et ce avec l’ensemble des partenaires, en particulier les parents d’élèves,les lycéens et les étudiants.

Nous ne pouvons nous contenter de nous soucier de l’avenir des enseignants en laissant celui de l’Ecole de côté.

Ce n’est qu’un début, disions nous …
N’attendons pas pour continuer le combat !


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