A propos de la dette

dimanche 29 avril 2012  | 

Depuis 2008, un discours alarmiste sur les dettes publiques est utilisé pour faire passer les pires politiques d’austérité avec destruction des droits et acquis sociaux. Après la Grèce, l’Italie ou le Portugal, la France est aussi dans le viseur de ces politiques. Ce n’est pas la dette qui est un problème si elle utilisée pour augmenter les salaires, par exemple. Mais la dette actuelle est le fruit de 30 ans de politiques libérales :

1 Le recours, à partir des années 1970, à l’emprunt aux banques privées en lieu et place de l’emprunt aux banques centrales qui prêtaient aux Etats à taux 0.

2 L’assèchement, depuis au moins 10 ans, des recettes fiscales (bouclier fiscal, baisse de l’ISF, baisse de la progressivité de l’impôt sur le revenu…).

3 Le sauvetage des banques en 2008.

Ainsi, l’Etat s’est lui-même privé de ses ressources fiscales et financières pour recourir à l’emprunt privé rémunéré rubis sur l’ongle. C’est en cela que la dette souveraine peut être considérée comme illégitime et qu’il faut aller vers son annulation, position largement partagée lors de la CAN de novembre, au cours de laquelle nous avions voté une motion ( par 54 voix pour, 1 contre 1 et 2 abstentions).

Or, la plupart des préoccupations qui sont dans ce texte se retrouvent dans le thème 3, sauf la formule « restructuration des dettes avec annulation de ce que les peuples auront, dans le cadre de l’audit, jugé illégitime ». Et la formulation « les dettes publiques devraient être restructurées, après audit citoyen » est donc nettement en retrait. Pourquoi se priver d’une référence à l’annulation ? En effet, si on s’inscrit dans une campagne initiée par ATTAC, et à laquelle la FSU participe, sur un « audit citoyen », c’est bien parce que l’on estime qu’une partie de notre dette publique est illégitime. Celle-ci a presque doublé durant la mandature Sarkozy, non à cause de la crise financière, comme nous le dit le gouvernement, mais en raison de cadeaux fiscaux accordés aux plus riches et entraînant une perte de recettes : loi TEPA (bouclier fiscal, et défiscalisation des HS), baisse de l’ISF et autres niches fiscales… Cette partie de la dette, il n’est pas normal que le peuple la paie.

De même, la reconnaissance par la motion du financement privilégié de la dette publique auprès des banques commerciales, donc au taux du marché, manifeste clairement qu’un montant élevé de la dette après plusieurs décennies est constituée de son service, c’est à dire des intérêts de cette même dette. Il faudrait donc des banques privées que l’État a « sauvées », il y a quatre ans ! Cela aussi est illégitime !

Olivier.


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