Le collège unique, vecteur de la démocratisation scolaire

samedi 28 avril 2012  |  par  École Émancipée  | 

« Tous capables », « on n’apprend bien qu’ensemble », « scolarité obligatoire à 18 ans », « élévation générale du niveau de connaissances et de qualification », les mandats du Snes et de la FSU ne sont pas des slogans, ce sont des valeurs ; ce ne sont pas des rêves, ce sont des objectifs atteignables et nécessaires pour démocratiser le système éducatif.

En face, une autre conception : celle d’une école capitaliste, fondée sur le mérite et les talents. Les attaques pleuvent pour déconstruire ce qui reste d’égalité dans le service public d’éducation. Le collège, même s’il n’est pas « unique », est le dernier segment « commun » de la scolarité : si l’on refuse qu’il soit le dernier « temps scolaire » pour certains élèves, si l’on veut au contraire qu’il soit le maillon qui permette la poursuite d’étude au lycée, il faut résolument le conforter.

Le collège est menacé : l’école du socle tend à l’aspirer jusqu’en 5ème, ensuite, il faudra séparer le bon grain… Déjà, les ECLAIR explosent la norme nationale (contenus, organisation scolaire) et constituent des écoles de seconde zone ; internats d’excellence pour les uns, alternance et apprentissage précoces pour les autres ; connaissances et programmes ici, LPC et socle commun ailleurs. Le curseur s’est déplacé : c’est le collège qui assurait l’unité (relative) et la continuité scolaire jusqu’à 16 ans, aujourd’hui, ce n’est plus le cas. L’unité ne se fait plus qu’autour d’un concept réducteur : le socle ! Ce concept se démarque d’une structure commune (on peut valider le socle au LP, en ECLAIR, en CFA….), il induit l’individualisation des parcours, des destins scolaires…

Les mesures régressives prennent appui sur les difficultés du collège ; mais nos réponses sont à l’opposé des mesures annoncées. Il faut un collège unique, seul moyen d’emmener les élèves au lycée, de porter l’élévation du niveau pour tous. Pour cela, il faut combattre l’échec scolaire (obtenir des moyens, diversifier nos pratiques pédagogiques), et faire la chasse à tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une entorse à ce segment commun : refuser la diversification des parcours, traquer la déréglementation qui sévit via l’autonomie, en finir avec les structures de relégation et d’éviction…

Il faut, de façon volontariste, malgré le contexte dégradé, porter ce projet d’école juste et égalitaire. C’est une bataille essentielle car ce sont deux conceptions opposées de l’école qui s’affrontent : la nôtre est progressiste, elle impose que nous soyons sans concessions.

Véronique.


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